Zurich

25 février 2020 22:26; Act: 25.02.2020 23:35 Print

Elle voulait tuer son père afin qu'il ne souffre plus

Une Suissesse comparaît lundi devant la justice zurichoise pour avoir voulu injecter une bulle d'air dans les veines de son père, âgé et souffrant. Elle ne supportait plus de le voir dans cet état.

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(Photo: Keystone/Gaetan Bally)

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Un Zurichois de 87 ans a été hospitalisé en février 2018 après une attaque cérébrale. L'état de santé de l'octogénaire, qui souffrait déjà de démence, s'était alors rapidement dégradé. Il ne pouvait quasiment plus manger ou boire sans s'étouffer.

Une situation très difficile à endurer pour sa fille, qui ne supportait pas de le voir dans cet état. Selon elle, l'attaque cérébrale avait pris à son père la seule chose qui lui procurait encore du plaisir: boire et manger. C'est pour cette raison qu'elle avait décidé de lui ôter la vie afin qu'il ne souffre plus. Son procès s'est ouvert ce lundi à Zurich.

Observée via le moniteur

Selon l'acte d'accusation, la femme de 59 ans s'est rendue à l'hôpital Triemli le 21 février 2018. Elle avait apporté avec elle une seringue dans le but de provoquer une embolie mortelle en injectant une bulle d'air dans la veine de son père. Or, sa tentative a échoué. La femme pensait qu'une petite quantité d'air suffirait à tuer son papa. Or, selon l'acte d'accusation, il aurait fallu injecter plusieurs seringues remplies d'air pour provoquer sa mort. Une infirmière a par ailleurs assisté à la scène via le moniteur de surveillance installé dans toutes les chambres des soins intensifs.

Interpellée le jour même, la fille a passé vingt-quatre heures en détention provisoire avant d'être relâchée. Son père, lui, a été emmené dans l'EMS où il vivait avant son attaque cérébrale. Il y est finalement décédé un mois plus tard d'une mort naturelle.

Affaire renvoyée au Ministère public

Accusée de tentative de meurtre, la quinquagénaire a déjà comparu une première fois devant la justice en avril 2019. Le Ministère public et la défense s'étaient mis d'accord afin que la prévenue soit jugée en procédure accélérée et qu'elle écope de 2 ans de prison avec sursis. Pourtant, le tribunal avait décidé de renvoyer l'affaire au Ministère public afin qu'il mène une procédure normale, exigeant un interrogatoire plus poussé des témoins tout comme des employés de l'hôpital.

24 mois de prison avec sursis

Interrogée une nouvelle fois lundi par les juges, la quinquagénaire a assuré: «Je voulais soulager mon père et pas le tuer.» Par le passé, il lui aurait fait comprendre à plusieurs reprises qu'il ne désirait pas vivre de la sorte. L'accusée a néanmoins avoué: «J'étais totalement dépassée par la situation. Avec le recul, je me rends compte que c'était une grosse connerie.»

Le Ministère public a requis 2 ans de prison. La défense, elle, a demandé l'acquittement. Pour finir, la Cour l'a condamnée à 24 mois de prison avec sursis.

(hoh/ofu)