Téléphones portables

23 février 2011 10:21; Act: 23.02.2011 11:24 Print

Etude qui pourrait relancer le débat sur leurs risques

Une nouvelle étude pourrait remettre sur le tapis la dangerosité des téléphones portables.

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L'utilisation durant 50 minutes d'un téléphone portable accroît le métabolisme du glucose dans une région du cerveau située proche de l'antenne du téléphone, selon les résultats préliminaires d'une étude américaine. Ces travaux pourraient relancer la polémique sur le sujet.

L'explosion de l'usage des portables dans le monde suscite des inquiétudes quant aux ondes électromagnétiques à fréquences radioélectriques émises par ces téléphones. Leur potentiel cancérigène constitue la plus grande crainte, relèvent les auteurs de la communication publiée dans le «Journal of the American Medical Association».

Cependant, les études épidémiologiques montrant un lien entre utilisation de ces téléphones et fréquence des tumeurs du cerveau n'ont pas été jusqu'à présent concluantes. La question reste donc ouverte, selon les chercheurs.

Leurs travaux montrent qu'une utilisation de 50 minutes d'un portable accroît le métabolisme du glucose dans une région du cerveau située au niveau de l'oreille et donc proche de l'antenne du téléphone. Mais les conséquences de cet effet physiologique sur la santé restent encore inconnues, soulignent-ils.

Marqueur de l'activité cérébrale

Le Dr Nora Volkow, une chercheuse aux Instituts nationaux américains de la Santé (NIH), et son équipe ont mené cette étude en 2009 auprès de 47 personnes. Les téléphones ont été placés tour à tour sur leur oreille droite et gauche pendant que leur cerveau était observé par une caméra tomographique à positrons.

Les participants avaient reçu à deux reprises une injection de fluodésoxyglucose pour mesurer le métabolisme du glucose dans le cerveau, une fois avec le portable activé - sans le son - durant 50 minutes et ensuite avec le téléphone désactivé.

Les chercheurs ont ensuite vérifié le lien entre le métabolisme du glucose - un marqueur important de l'activité cérébrale - et l'amplitude estimée de la fréquence des signaux électromagnétiques émis par le téléphone.

Deux régions touchées

Ils n'ont pas constaté de variation sur l'ensemble du cerveau. Mais ils ont pu mesurer des différences notables dans la zone située à proximité de l'antenne du téléphone activé, où le métabolisme du glucose était environ 7% plus élevé que lorsqu'il était éteint. Les régions concernées sont le cortex orbitofrontal et le pôle temporal.

«Les zones cérébrales absorbant le plus de ces ondes provenant du portable ont enregistré les plus grands accroissements du métabolisme du glucose», écrivent ces chercheurs sans pouvoir en expliquer les raisons. «D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer si ces ondes pourraient être potentiellement nocives à la santé humaine sur le long terme», jugent-ils.

(ats)