Suisse

29 août 2016 17:53; Act: 30.08.2016 09:13 Print

F/A-18 disparu: une zone de recherche délimitée

Des recherches sont en cours pour retrouver l'appareil qui s'est probablement écrasé. Le sort du pilote est inconnu.

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On est toujours sans nouvelles du F/A-18 de l'armée de l'air suisse qui a disparu lundi en fin d'après-midi dans la région du col du Susten. L'appareil s'est sans doute écrasé. On ne sait rien non plus du sort du pilote du monoplace, a indiqué mardi à l'ats une porte-parole du Département fédéral de la défense (DDPS). Ce dernier a prévu d'informer en matinée.

Devant les médias à Berne, le commandant de l'armée de l'air Aldo Schellenberg s'est dit bouleversé. Ses pensées vont au pilote et à la famille de celui-ci, a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée lundi en soirée. Tant que le pilote est porté disparu, aucune donnée comme son âge ne sera rendue publique. Interrogé sur les chances de survie du pilote, le commandant a déclaré: «Nous gardons l'espoir et prions pour lui».

Selon le Département de la défense (DDPS), les recherches ont été lancées immédiatement. En raison du mauvais temps, aucune opération n'a pu être menée par air lundi. Une colonne de secours était en route à pied. Grâce à des signaux émis, la zone de recherche a pu être délimitée. Aldo Schellenberg n'en a pas dit plus.

Aussi bien l'avion que le siège éjectable ainsi que le pilote lui-même sont équipés d'émetteurs, a ajouté le pilote de F/A-18 Pierre de Goumoëns.

Plus de contact

L'appareil a décollé à 16h01 de l'aérodrome militaire de Meiringen et le contact radio s'est déroulé de manière normale. A 16h05, la centrale d'engagement a perdu le contact avec l'appareil qui ne s'est plus annoncé.

L'avion en question a décollé 15 secondes après un autre F/A-18. Les deux appareils devaient simuler un combat aérien contre un Tiger F-5.

En raison de la couverture nuageuse, les deux pilotes n'avaient pas de contact visuel et volaient aux instruments. Lors de la disparition de l'avion, la limite inférieure des nuages se situait à 1000 mètres, celle supérieure à 9000 mètres. Selon Pierre de Goumoëns, la situation météorologique n'était pas inquiétante.

L'armée de l'air suisse a enregistré plusieurs accidents récemment. Le 9 juin dernier, un Tiger F-5 de la Patrouille suisse s'était écrasé au nord des Pays-Bas, près de la base aérienne de Leeuwarden, à la veille d'un meeting aérien. Le pilote s'en était tiré indemne.

Accident dans le Doubs

Le 14 octobre 2015, c'est un autre F/A-18 qui s'était écrasé dans une zone d'exercice inhabitée dans le département du Doubs, en France. L'accident n'avait pas fait de victime et le pilote avait également pu s'éjecter. Il avait été légèrement blessé.

En revanche, deux occupants du F/A-18 avaient eu moins de chance le 23 octobre 2013. L'avion militaire s'était écrasé dans le secteur de Lopper près d'Alpnachstad (OW). Le pilote et son passager, un médecin de l'Institut de médecine aéronautique, avaient été tués sur le coup.

Il faut sinon remonter à 1998 pour retrouver un accident fatal impliquant un F/A-18. Le 7 avril de cette année-là, deux occupants perdaient la vie à Crans (VS) à la suite du crash de leur appareil. En cause, une perte du sens d'orientation du pilote.

L'avion de combat américain F/A-18 Hornet est en service en Suisse depuis 1997. La Suisse avait acquis 34 appareils pour remplacer les Mirage. Après quatre accidents, dont le dernier à Meiringen, la flotte ne compte désormais plus que 30 exemplaires.

Perte «douloureuse»

Cette perte supplémentaire d'un appareil est douloureuse, a dit le commandant Schellenberg. La mission de la police de l'air reste assurée et cet accident ne remet pas en cause la mise sur pied de ce service 24 heures sur 24, comme prévu.

Cette accumulation d'accidents le laisse songeur, a admis le chef de l'armée de l'air. «Mais je ne reconnais pas de schéma», a-t-il ajouté. Il faudra analyser s'il existe un lien inconnu jusqu'ici entre ces accidents.

Les F/A-18 sont par exemple engagés lors du Forum économique mondial de Davos (GR). Le jet, équipé de deux réacteurs, atteint une vitesse maximale d'environ 2000 km/h (Mach 1,8) et une vitesse ascensionnelle de 225 mètres par seconde. Outre les Etats-Unis et la Suisse, l'Australie, la Finlande, le Canada et l'Espagne, entre autres, utilisent cet appareil.

(ats)