Suisse

16 mai 2019 11:39; Act: 16.05.2019 19:51 Print

FIFA: l'ex-secrétaire général perd devant le TF

Le Tribunal fédéral a donné raison au Ministère public de la Confédération (MPC) qui voulait avoir accès à l'agenda électronique de l'ancien secrétaire général de la FIFA Urs Linsi.

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L'ancien secrétaire général de la FIFA, Urs Linsi, a été débouté dans son recours devant le Tribunal fédéral. (Photo: Keystone)

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Le Ministère public de la Confédération (MPC) pourra avoir accès à des extraits de l'agenda électronique de l'ancien secrétaire général de la FIFA Urs Linsi pour les années 2004 et 2005. Le Tribunal fédéral a rejeté jeudi un recours de l'intéressé.

Les juges de Mon Repos estiment que M. Linsi n'a pas démontré dans quelle mesure des intérêts secrets, juridiquement protégés, pourraient être violés. Ils ne voient aucun risque de préjudice juridique irréparable pour lui si le MPC était autorisé à enquêter sur les données dans le cadre de la procédure pénale engagée à son encontre.

Dans son recours, Urs Linsi affirmait que les entrées de son agenda se référaient à des conversations et des entretiens téléphoniques qu'il avait menés en tant que personne privée. Certains éléments évoqués alors touchaient à sa sphère privée, voire intime, selon lui.

En outre, ces extraits ont permis de tirer des conclusions directes ou indirectes sur des relations qu'il entretiendrait avec des personnes actuellement employées par l'organe faîtier du football mondial. Comme lui-même est considéré comme «persona non grata» par la direction de la FIFA, de telles conclusions pourraient avoir de «terribles conséquences» pour ces personnes.

Risque de prescription

Cité par le TF, M. Linsi assure encore se sentir «moralement tenu d'entreprendre tout son possible» pour éviter que d'anciens collègues ne soient lésés par les poursuites pénales engagées à tort contre lui. Dans sa prise de position, le MPC a de son côté fait valoir l'urgence de sa requête en raison du risque de prescription.

Urs Linsi a été secrétaire général de la FIFA de 2002 à 2007. Le MPC mène une enquête pénale contre lui pour gestion déloyale, escroquerie, abus de confiance et blanchiment.

Il lui est reproché, en sa qualité de secrétaire général, d'avoir participé au remboursement présumé d'un prêt sans intérêts accordé par la Fédération allemande de football (DFB). En outre, il aurait participé à la dissimulation de l'origine de valeurs obtenues de manière délictueuse.

Cette affaire est en relation avec l'attribution de la Coupe du monde de football 2006 à l'Allemagne par la FIFA. Selon l'arrêt du Tribunal fédéral, ces accusations reposent notamment sur un rapport d'enquête interne de la DFB datant de mars 2016. (arrêt 1B_30/2019 du 3 mai 2019)

(nxp/ats)