Constructions militaires

06 mars 2011 09:56; Act: 06.03.2011 10:15 Print

Faramineux dépassements de crédit

Un rapport décrit les dysfonctionnements en matière de constructions militaires. Les budgets initiaux sont souvent dépassés de plusieurs millions.

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Le tunnel de lavage pour les jets de l'armée a coûté près de neuf fois plus que ce qui avait été prévu dans le budget initial. (Photo: Keystone)

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Alors que le ministre de la défense Ueli Maurer ne cesse de se plaindre de la situation financière difficile de son département, un rapport interne, que s’est procuré la «SonntagsZeitung», fait état d’une situation calamiteuse en matière de planification et de réalisation des constructions militaires.

Le plus grand propriétaire immobilier de Suisse

Le DDPS possède 24'000 objets immobiliers ce qui fait de lui le plus important propriétaire de Suisse. Malgré un dispositif administratif très complexe comprenant des lois, des ordonnances et des directives, le rapport d’une commission interne révèle de très nombreux dysfonctionnements en ce qui concerne la budgétisation et la gestion des grands projets de construction du DDPS. Les commissaires constatent que les ressources financières sont souvent utilisées sans la rigueur nécessaire. «La gestion des coûts souffre encore d’un manque de rigueur, comme dans le passé», révèle le rapport interne de vingt-neuf pages.

Les exemples de Payerne et d’Emmen

Sur la place d’armes de Payerne (VD), les planificateurs du DDPS avaient prévu 500'000 francs pour la construction d’une station de lavage pour avions. Finalement, la réalisation de ce projet aura coûté la coquette somme de 4,38 millions de francs, presque neuf fois plus que ce qui avait été prévu initialement. L’explosion des coûts a eu lieu en raison d’une mauvaise estimation des frais engendrés par la sécurité et le traitement des eaux usées. Plus cocasse encore: les portail d’entrée du hangar de lavage a dû être agrandi pour que l’avion civil du Conseil fédéral puisse y être lavé.

Les cas de la caserne d’Emmen (LU) est encore plus révélateur. En 2000, lors d’une première estimation des coûts pour l’assainissement de la cuisine et d’autres installations sanitaires, les planificateurs du DDPS vient articulé le chiffre de 2 à 3 millions de francs. Trois ans plus tard, il était question d’un crédit de 6 à 8 millions. En 2007, enfin, 16,9 millions de francs ont été budgétisés pour cette construction. Les inspecteurs du DDPS condamnent résolument cette façon d’agir: Il est inadmissible, selon eux, d’établir des budgets «minimalistes», qui sont inclus dans la planification des investissements du département, pour ensuite les revoir à la hausse de façon aussi significative.

Réaction d’Ueli Maurer

En janvier, le chef du DDPS s’est adressé par écrit au chef de l’armement Jakob Baumann et à André Blattmann, le chef de l’armée, pour que des mesures immédiates soient prises pour remédier à cette situation. Maurer exige que les projets soient mieux préparés en amont, grâce, notamment, à une meilleures coordination entre les différents offices concernés. Pour des projets de plus de 3 millions de francs, tous les intéressés devront se rencontrer pour une séance dite «kick-off» destinée à tenir compte des intérêts de tout le monde.

(rga)