Bâle-Campagne

19 décembre 2017 11:14; Act: 19.12.2017 11:49 Print

Fausse alerte à la bombe, vrai vol dans la caisse

Une employée d'un magasin a lancé une fausse alerte à la bombe pour maquiller le fait qu'elle avait piqué 100'000 fr. dans la caisse. Elle était accro au jeu.

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Des centaines de personnes avaient été évacuées fin décembre 2015 suite à un appel anonyme. (Photo: lecteur reporter)

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Le 28 décembre 2015, des centaines de personnes avaient été évacuées de deux magasins à Pratteln (BL), à cause d'une alerte à la bombe. Malgré une grosse intervention de police, les forces de l'ordre n'avaient rien trouvé. Le lendemain, cependant, on découvrait que 100'000 fr. avaient disparu des caisses.

«C'était un pétage de plomb»

Rapidement, la coupable a été démasquée: c'est la directrice de l'administration du magasin Pfister qui avait inventé l'alerte, afin de détourner l'attention du vol qu'elle venait de commettre. «Bombe dans l'immeuble, explose bientôt, tous morts», avait-elle lâché au téléphone. Lundi, elle a comparu à Bâle pour vol, fausse alarme, et menaces alarmant la population.

La femme de 37 ans a avoué son acte. «C'était une réaction de pétage de plomb», a-t-elle répété durant son procès. Elle avait été prise de panique lorsque le transporteur d'argent était en route pour venir récupérer l'argent. Les conséquences de son acte, par exemple la mobilisation de 60 agents de secours ou la fermeture de l'ensemble du centre commercial, elle dit ne s'en être jamais rendu compte.

Dépendance au jeu

L'administratrice a commis ce vol à cause de problèmes financiers, alors qu'elle était accro aux jeux et au casino. En 2015, elle s'est rendue environ 250 fois dans diverses maisons de jeu en Suisse, où elle passait jusqu'à 8h d'affilée. Un gros gain au Grand Casino de Bâle a précipité sa chute, car elle s'est enflammée après avoir empoché la somme de 114'000 fr.

«On pense que si ça a marché une fois, ça va sûrement fonctionner à nouveau, explique-t-elle. A partir de ce moment-là, j'ai agi par extrême stupidité.» Un avis juridique a d'ailleurs attesté de sa dépendance au jeu, avec un risque modéré de rechute. Sur les 100'000 fr. dérobés dans la caisse, seuls 60'000 fr. ont d'ailleurs pu être récupérés, le reste avait déjà été reperdu.

Verdict mardi

L'accusation requiert une peine de 3 ans et un traitement pour sa dépendance. La défense estime au contraire que la femme va mieux, ayant retrouvé un travail, évoluant dans un milieu social stable et ayant arrêté de jouer. Les magasins touchés par l'alerte, eux, réclament plusieurs dizaines de milliers de francs de compensation. Le verdict tombera ce mardi.

(lha/jd/rmf)