Zurich

08 septembre 2014 11:41; Act: 08.09.2014 19:03 Print

Femmes enceintes sous pression au bureau

par David Maccabez - Selon le Bureau de l'égalité des chances de la ville de Zurich, de plus en plus de futures mères perdent leur emploi. Le plus souvent, elles seraient poussées à partir.

Une faute?

Le cas n'est pas isolé, mais il illustre une pratique qui inquiète à Zurich: il y a peu, Julia F., politologue, annonce à son patron qu'elle est enceinte. Quelques semaines plus tard, son patron lui présente celle qui prendra sa place. Une histoire qui n'étonne pas Anja Derungs, cheffe du Bureau de l'égalité des chances de la Ville, rapporte lundi le «Tages-Anzeiger». «Les questions de femmes qui s'interrogent sur la manière de se comporter en cas de licenciement déguisé pour cause de grossesse s'accumulent ces derniers temps chez nous», confie-t-elle au quotidien zurichois. Une trentaine de femmes ont sollicité son service en 2009, 65 en 2013.

Par ailleurs, la spécialiste estime que le plus souvent, les femmes enceintes sont simplement poussées à la démission et n'osent pas se défendre: «Je pense que la loi sur l'égalité est méconnue. Surtout, je crois que nombre d'entre elles ont peur de lancer une procédure qui pourrait les pénaliser pour la suite de leur carrière», analyse Anja Derungs.

«Beaucoup de femmes ne savent pas si elles sont en droit de lancer une procédure. Et c'est vrai qu'elles craignent pour la suite de leur vie professionnelle», confirme Susy Stauber, de la commission cantonale de conciliation en cas de litige à propos de la loi sur l'égalité des sexes. «Il faut toutefois savoir que le droit du travail interdit que le futur employé soit mis au courant. Elles n'ont pas à avoir peur.»

Demander conseil

Légalement, l'employeur n'est pas obligé d'accepter les vœux des futures mères, qui souhaiteraient, par exemple, diminuer temporairement leur temps de travail. Mais la loi sur l'égalité interdit des conditions de travail considérées comme discriminatoires. «Nous invitons donc les femmes à venir se renseigner chez nous, afin de savoir si ce qui leur est proposé est légal ou non», poursuit Anja Derungs.

Elle conseille également aux futurs parents de se mettre d'accord sur le temps de travail souhaité par chacun et d'en faire part à leurs patrons. Et s'ils se heurtent à des résistances? «Cela vaut la peine de persévérer et aussi de proposer d'autres solutions.»

Dernière astuce, les femmes enceintes devraient éviter de communiquer leur grossesse pendant leur période d'essai. Enfin, Anja Derungs rappelle que tous les employeurs n'agissent pas tous de la même manière: lorsqu'elle a présenté sa candidature pour son poste actuel, elle était enceinte. Et elle a été engagée...