Nucléaire

16 mars 2011 11:26; Act: 16.03.2011 12:03 Print

Front uni contre la centrale de Fessenheim

Des parlementaires bâlois exigent la fermeture de la centrale de Fessenheim (F) située à 40 km de la Suisse. Le Conseil fédéral veut en parler aux autorités françaises.

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Agée de 33 ans, la centrale de Fessenheim est considérée comme potentiellement dangereuse par de nombreux parlementaires suisses de la région bâloise. (Photo: Keystone)

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Fessenheim est la plus vieille centrale nucléaire de France. Elle est située à 40 km au nord de la frontière suisse, en Alsace. Entrée en service en 1977, cette centrale a produit 11,7 milliards de kWh l’an dernier. En l’espace de dix ans, son réacteur numéro 1 a connu pas moins de 240 incidents techniques qui ont dû être signalés aux autorités de surveillance. Dans un rapport indépendant, rédigé par la physicienne française Monique Sené l’an dernier, on pouvait prendre connaissance d’un imposant catalogue de manquements. La physicienne relevait notamment des signes inquiétants de vieillissement de l’acier incorporés dans l’enceinte de confinement du réacteur.

Des antinucléaires d’Allemagne, de France et de Suisse tentent depuis longtemps d’imposer la fermeture de la centrale de Fessenheim qui est en fonction depuis 33 ans. En vain jusqu’à présent. Mais les événements tragiques qui se déroulent actuellement au Japon pourraient faire bouger les choses. Plusieurs parlementaires fédéraux de la région bâloise se sont mobilisés à cet effet. Beat Jans, le conseiller national socialiste de Bâle-Ville, exige qu’«en raison de son âge et de sa proximité avec la Suisse, la centrale soit fermée immédiatement», comme il le confie à la «Basler Zeitung». Quant à Peter Malama, conseiller national PLR de Bâle-Ville, il met avant tout en doute la capacité de Fessenheim de résister à un tremblement de terre. Selon lui, plusieurs études auraient démontré des «lacunes majeures » dans ce domaine dans la centrale alsacienne.

Construite, comme la ville de Bâle, dans une région sismiquement active, EDF, l’opératrice de la centrale de Fessenheim, a toujours prétendu que la centrale avait été construite en tenant compte de ce risque. Des rapports internes des organes de sécurité français signalent cependant un risque accru.

Quant aux autorités, elles ne semblent guère sensibles à ces arguments. Il y a tout juste une semaine, à la veille des tragiques événements au Japon, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté une plainte de l’Association trinationale de protection nucléaire. Selon les juges, Fessenheim est à même de résister à des catastrophes naturelles telles que des inondations et des séismes. Il était aussi prévu de prolonger la durée de vie de cette centrale de dix ans dans les semaines à venir. Les autorités françaises ont répété depuis le début de drame au Japon que Fessenheim continuait à correspondre aux normes de sécurité.

Maya Graf, la conseillère nationale des Verts de Bâle-Campagne, ne l’entend pas de cette oreille. Elle exige que le Conseil fédéral intervienne directement auprès des autorités françaises pour que la centrale soit fermée aussi vite que possible. Doris Leuthard se rendant à Paris pour une réunion de travail le 1er avril prochain, il est probable qu’elle aborde le sujet avec son homologue français, ce que confirme son entourage.

(rga)