Berne

18 novembre 2018 22:21; Act: 18.11.2018 22:21 Print

Gardes-frontière suisses obligés de vivre en France

Privés de logements de fonction, 92 douaniers seraient déjà devenus frontaliers. D’autres pourraient suivre.

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Certains agents risquent de ne plus pouvoir se loger en Suisse. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Christian Bock, directeur de l’Administration fédérale des douanes (AFD), a créé l’émoi en annonçant la vente de la majorité des 840 appartements de fonction dont la valeur est estimée à 250 millions de francs. Ces logements sont actuellement occupés par des gardes-frontière qui bénéficient de loyers subventionnés. Ils devront à l’avenir se loger au prix du marché. Cela risque de s’avérer problématique dans des zones où la situation du logement est tendue. Pour certains, la solution est de passer la frontière.

Loyers inabordables

«Les gardes-frontière de la région genevoise craignent de devoir s’installer en France, faute de logements à loyers abordables», lance Heidi Rebsamen, secrétaire du syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière, Garanto, dans la «SonntagsZeitung». Selon la Confédération, 92 employés sont d’ailleurs déjà installés en France voisine. Il s’agit de personnes qui n’ont pas droit à un logement subventionné. En revanche, seuls six ou sept douaniers suisses vivent en Allemagne ou en Italie. Selon l’échelle des salaires, un garde-frontière sans fonction dirigeante gagne au maximum 7634 fr. par mois en fin de carrière.

Des mesures étudiées

Selon Garanto, cette situation a «des conséquences dramatiques pour les familles, en particulier pour les enfants qui doivent suivre leur scolarité en France». Le directeur des douanes est préoccupé par la situation: «L’AFD est consciente de la situation particulière du marché immobilier dans la région genevoise et nous allons étudier diverses mesures.»

(jbm)