Thurgovie

15 juillet 2014 09:57; Act: 15.07.2014 15:25 Print

Garfield a été piqué contre le gré de ses propriétaires

Un chat, appartenant au home d'Egnach (TG), a été euthanasié par des protecteurs des animaux locaux qui pensaient que la bête était errante et malade.

storybild

Le matou vivait depuis près de 20 ans dans le home pour personnes âgées d'Egnach (TG). (Photo: DR)

Sur ce sujet
Une faute?

Edith Zellweger, de l'association alémanique Aktive Tierschutzgruppe Salez, est scandalisée: «Ça n'aurait pas dû arriver! Ces protecteurs des animaux ne sont pas sérieux.» Elle s'offusque au sujet d'une affaire qui remonte au 4 juillet dernier. Ce jour-là, une passante a trouvé un chat sans collier dans les rues d'Egnach (TG) et l'a amené à l'association de protection des animaux de Romanshorn (TG), écrit la «Thurgauer Zeitung». L'animal, considéré comme âgé, errant et malade, a été emmené chez un vétérinaire qui l'a piqué. En réalité, le matou appartenait depuis près de 20 ans au home pour personnes âgées d'Egnach.

«On ne peut pas euthanasier comme ça des chats juste parce qu'ils sont vieux», s'énerve Edith Zellweger. Selon elle, il ne s'agit pas d'un cas isolé: «Certains protecteurs des animaux font tout simplement piquer les bêtes pour des questions de frais et ensuite ils s'excusent en disant qu'il est trop tard pour changer quelque chose.» Contacté, le directeur du home, Heinz Gross, est inconsolable: «Nous avons été informés samedi par l'association de Romanshorn. Ils m'ont reproché que l'animal n'avait pas l'air en bonne santé. Comment un chat peut-il avoir plus de 20 ans si on ne s'occupe pas bien de lui? Oui, Garfield était lent et avait le poil hérissé. Mais il était simplement vieux et se fondait bien dans le paysage chez nous.»

Passante critiquée

Ronny Eichhorst, président de l'association de protection des animaux de Romanshorn, avoue qu'une erreur a été commise et s'excuse: «Selon le vétérinaire, l'animal était dans un piteux état.» Il n'a en revanche pas souhaité s'exprimer sur les reproches qui ont été adressés au home. Ronny Eichhorst précise aussi que tout cela ne serait pas arrivé si Garfield avait eu une puce sous-cutanée: «Nous aurions vu directement à qui appartenait ce chat.» Heinz Gross, lui, n'est pas du même avis. «Ce n'est pas normal qu'une bête doive avoir une puce juste pour ne pas se faire euthanasier. Lorsque quelqu'un trouve un animal et estime qu'il ne va pas bien, alors cette personne pourrait tout simplement demander autour d’elle à qui cette bête appartient.» Reinhold Zepf, directeur de la société thurgovienne pour la protection des animaux, pense aussi qu'une puce n'est pas la solution à tout. Il critique le comportement de la passante qui a récupéré le félin: «Je ne comprends pas comment on peut emporter avec soi des animaux que l'on retrouve dans la rue et affirmer qu'ils sont errants.»

Un cas similaire s'est produit dernièrement à Engishofen (TG). Une protectrice des animaux avait confondu deux minous appartenant à une famille de paysans avec des bêtes errantes. Elle les avait emmenés dans une association - Tierhilfe Schweiz- qui se charge de soigner les chats errants et, parfois, de les amener chez un vétérinaire pour les faire castrer ou stériliser. Celui-ci avait alors confondu le chat déjà castré avec une femelle. Il l'avait donc opéré en vue d'une stérilisation. Ce n'est qu'après avoir ouvert l'animal avec un scalpel que le médecin s'était rendu compte de son erreur et avait recousu la plaie. La chatte avait ensuite été stérilisée sans problème.

Réactions romandes

Contacté, la SPA Fribourg affirme que la fourrière cantonale lui apporte très souvent des animaux trouvés errants: «Si ces bêtes ne peuvent pas être immédiatement identifiés - via une puce électronique ou un collier avec un numéro de téléphone - ils sont enregistrés dans la base de données officielle et pris en charge en restant maintenus à disposition de leur propriétaire potentiel durant le délai légalement imposé, soit 60 jours. Il est clair que nous avons pour tâche d'en prendre soin au mieux, et il peut arriver qu'un animal nécessite une visite vétérinaire qui peut se solder par une euthanasie.» L'association fribourgeoise note également que la stérilisation n'est pratiquée qu'une fois l'animal devient la propriété de la SPA. Quant à l'euthanasie, la décision revient au vétérinaire et n'est prise que que lorsque l'animal se trouve dans la situation où le délai légal des 60 jours ne peut pas être respecté sans entraver la loi sur la protection des animaux (souffrances extrêmes).

Stéphane Crausaz, porte-parole de la société vaudoise pour la protection des animaux, explique que «lorsqu’un chat est amené à notre refuge, la responsabilité de la personne nous l’ayant amené est engagée puisque nous demandons à cette dernière de tout mettre en œuvre pour tenter d’identifier un éventuel propriétaire avant de procéder à une capture». Selon lui, les animaux gravement atteints dans leur santé peuvent être euthanasiés par n’importe quel vétérinaire si leur état l’exige. Pour les autres, le refuge peut en disposer librement s’il le désire une fois le délai légal de fourrière passé ou immédiatement si la personne qui nous amène le chat nous signe une procuration attestant qu’il s’agit du sien.

Pour Michèle Mex, présidente de la SPA Genève, «le seul moyen d'éviter ces tristes histoires est de mettre une puce électronique aux chats. Tous les vétérinaires sont équipés pour identifier les propriétaires et ainsi les appeler lorsque les chats leur sont amenés. Pour notre part nous n'euthanasions que des animaux ne pouvant pas être sauvés, ce qui est très rare.»

(taw/ofu)