Accident mortel à Berne

23 janvier 2019 22:58; Act: 24.01.2019 08:11 Print

Guide devant les juges: «Elle grimpait bien»

Une enfant de 9 ans est morte en 2011 en chutant dans la région d'Adelboden (BE). Accusé d'homicide par négligence, l'alpiniste qui l'accompagnait est jugé depuis mardi à Berne.

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Le verdict sera rendu vendredi.

Une faute?

«C'était une partie de moi, qui est morte désormais.» C.M., 29 ans, n'a pas pu retenir ses larmes, mardi, en répondant aux questions des juges du Tribunal cantonal bernois. La jeune femme a expliqué que sa demi-soeur, J.M., lui manque tous les jours. La fillette est décédée en 2011 à l'âge de 9 ans dans un tragique accident. Depuis, ajoute C.M., elle est prise en charge psychologiquement.

L'incident s'était produit dans la région d'Adelboden (BE), lors d'un cours de grimpe organisé par l'école alpine d'Adelboden. J.M., une autre fille et leur guide de montagne M.M. étaient en train de descendre dans les gorges de Choleren quand J.M. avait soudainement dérapé avant de faire une chute de 50 mètres. Elle était décédée des suites de ses blessures à l'hôpital.

«Elles grimpaient bien»

M.M. a déjà été jugé en première instance pour homicide par négligence en 2017. Il avait alors été acquitté. Comme les proches de la victime ont fait recours, l'affaire est une nouvelle fois traitée par la justice depuis mardi.

L'accusé travaille encore de nos jours en tant que guide de montagne. Interrogé par la Cour, le Bernois a expliqué d'une voix calme et posée: «Les filles avaient l'air sûres d'elles et de ce qu'elles faisaient.» L'homme ajoute qu'elles ont suivi une petite formation durant la matinée avant de s'entraîner à la grimpe dans un parc spécialement dédié à cet effet. L'alpiniste a précisé que c'est souvent la première impression qui compte pour déterminer si des personnes sont aptes à faire des exercices plus exigeants dans les gorges de Choleren. «C'était le cas pour les deux filles. Elles grimpaient bien et suivaient à la lettre mes instructions.»

Niveau de difficulté bas

Interrogée sur les capacités physiques de J.M., sa demi-soeur a néanmoins affirmé: «Elle était plutôt maladroite et avait deux pieds gauches.» Une version des faits contredite par le guide, qui assure ne pas avoir constaté de comportement maladroit chez la fillette, écrit «20 Minuten».

En descendant dans les gorges, les filles et le guide n'étaient pas sécurisés. Raison pour laquelle M.M. a marché devant elles afin de pouvoir réagir immédiatement en cas de difficultés. Lorsque les trois sont enfin arrivés auprès d'une corde fixe, le prévenu s'est sécurisé avant de vouloir faire de même pour les fillettes. C'est à ce moment-là que J.M. avait dérapé.

Appelé à la barre, un expert affirme que le niveau de difficulté du chemin emprunté est assez bas, mais que des accidents ne peuvent pas être totalement exclus. Il a par ailleurs donné raison au guide d'avoir marché devant les fillettes. Selon lui, c'est la meilleure façon d'agir pour pouvoir réagir rapidement en cas de problèmes.

Le verdict sera rendu vendredi.

(bho/ofu/ats)