Suisse

29 novembre 2019 09:28; Act: 29.11.2019 12:48 Print

Hans Stöckli, l'homme qui a métamorphosé Bienne

Le socialiste bernois, dont le nom est indissociable de la Ville de Bienne qu'il a présidée, doit accéder lundi à la présidence du Conseil des États.

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Le nom de Hans Stöckli est indissociable de Bienne, ville qu'il a su dynamiser. Conseiller de Ville, maire, député au Grand Conseil, conseiller national et conseiller aux États, ce défenseur du plurilinguisme, qui doit être élu lundi à la présidence du Conseil des États, a consacré sa vie à la chose publique.

L'accession attendue de Hans Stöckli à la présidence de la Chambre des cantons représente la consécration d'une carrière politique entamée il y a 40 ans. Cette fonction lui offrira l'opportunité de mettre en valeur la région du lac de Bienne et le Jura bernois.

Durant son année de présidence, cet Alémanique ouvert à la culture francophone mettra l'accent sur l'innovation, la cohésion nationale et l'intérêt des jeunes pour la politique. «La démocratie ne tombe pas du ciel, il faut la pratiquer et ça commence avec les jeunes», a-t-il déclaré à Keystone-ATS. Il entend par exemple visiter les parlements des jeunes.

Métamorphose de Bienne

Durant les vingt ans à la tête de l'exécutif biennois, Hans Stöckli a réussi à métamorphoser sa ville qu'il avait rebaptisée «Cité de la communication», mais sans renier son passé industriel et horloger. Sous sa houlette, Bienne a su se débarrasser de sa mauvaise réputation pour se profiler comme une ville innovante.

Même ses adversaires ont reconnu qu'il était un maire dévoué à la cause de sa ville et de ses habitants. L'histoire fusionnelle entre Bienne et son maire va connaître son apogée avec Expo.02. Cette manifestation va attirer des dizaines de milliers de personnes et changer l'image de la ville auprès des Suisses.

Véritable bête politique, ce politicien aujourd'hui âgé de 67 ans n'hésitait pas à dire sur le ton de la plaisanterie que la Ville de Bienne était sa maîtresse. Parfois facétieux, Hans Stöckli est un élu animé d'un sens du compromis. Homme de gauche, il incarne cette frange pragmatique du socialisme.

Fin stratège

Derrière sa bonhomie et ses bons mots, Hans Stöckli s'est avéré un stratège rusé et un négociateur hors pair, réussissant à attirer des entreprises de renom à Bienne. Parfois dithyrambique dans la défense de la plus grande ville bilingue de Suisse, il ne craint pas d'être en porte-à-faux avec son parti.

À l'aise aussi bien avec un ouvrier qu'avec un chef d'État ou un patron, Hans Stöckli a fait du respect du bilinguisme son cheval de bataille. «Mon image de marque au Conseil des États sera le plurilinguisme», a-t-il assuré. Il s'exprimera en allemand, en français ou en italien, selon la langue de son interlocuteur.

Le conseiller aux États a mené plusieurs combats durant ses deux mandats aux États: la protection des jeunes contre la publicité pour le tabac, le renforcement de la prévention dans le domaine de la santé ou l'encouragement des énergies renouvelables.

Au niveau cantonal, ce spécialiste des langues a présidé une commission d'experts sur le bilinguisme instituée en 2017 par le gouvernement bernois. Hans Stöckli s'est également engagé pour le maintien de la Ville de Moutier dans le canton de Berne. L'un de ses principaux regrets a été le rejet des Jeux olympiques en Valais alors qu'il était vice-président du comité de candidature Sion 2026.

Longue carrière politique

Né le 12 avril 1952 à Wattenwil (BE), cet avocat a franchi toutes les étapes d'une carrière politique. En 1979, il entre au Conseil de Ville de Bienne. En 1984, il est élu au Conseil municipal à titre accessoire puis accède, en 1990, à la mairie et à la tête de la Direction des finances. Il sera réélu à cinq reprises.

Il siège au Grand Conseil de 2002 à 2004, puis au Conseil national de 2004 jusqu'en 2011, année où il accède au Conseil des États. Il fait partie d'un grand nombre d'organisations dans les domaines du tourisme, de la santé, du plurilinguisme et du sport.

Vélo et course à pied

Hans Stöckli peut se prévaloir de pratiquer le sport. Il participe régulièrement aux 100 kilomètres de Bienne. «Sans cet entraînement, je n'aurais pas survécu à cette campagne électorale.» Dans sa ville, il se déplace le plus souvent à vélo. Marié et père de trois enfants, il met un point d'honneur à préserver sa vie privée.

(nxp/ats)