Office fédéral des constructions

17 février 2019 14:25; Act: 17.02.2019 15:41 Print

Harcelée par un cadre, c'est elle qui se fait virer

Un fonctionnaire de l'Office fédéral des constructions a eu des mots et des gestes déplacés envers une employée. Licenciée après avoir signalé l'affaire, elle vient d'obtenir gain de cause au Tribunal administratif fédéral

storybild

Un cadre de l'Office fédéral des constructions a été accusé d'harcèlement sexuel par une employée. (Photo: Google Street View)

Sur ce sujet
Une faute?

«Bonjour sexy madame Violeta». C'est ainsi qu'un cadre de l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL) avait l'habitude d'accueillir une employée, en charge du service de nettoyage. Parfois, il l'embrassait même sur la joue tout en l'appelant «chérie», rapporte ce jeudi la «Schweiz am Wochenende».

Après plusieurs mois, Violeta B. a trouvé le courage de dénoncer le fonctionnaire. Or l'enquête externe réalisée n'a révélé «aucune preuve attestant d'un réel harcèlement sexuel». Selon le rapport, il ne peut pas être prouvé que l'employée se soit réellement sentie importunée par le comportement du cadre.

Un «type décontracté»

Le résultat paraît d'autant plus étonnant que le cadre, Ernst B., ne nie pas les faits. Il se justifie prétextant qu'il ne s'agissait que de plaisanteries, que même Violeta B. trouvait drôles. Ses supérieurs, interrogés dans le cadre de l'enquête externe, qualifient Ernst B. de «type décontracté». Selon eux, de telles déclarations sont tolérables. Toute cette affaire n'est pas restée sans conséquences pour la patronne du service de nettoyage: elle a été licenciée.

Or décidée à ne pas se laisser faire, elle a porté l'affaire devant le Tribunal fédéral administratif (TAF)... qui vient de lui donner raison. Dans son verdict, les juges du TAF émettent «des doutes quant à l'objectivité du rapport d'enquête». Selon la Cour, les déclarations d'Ernst B. sont clairement déplacées. Pour finir, elle se dit «étonnée» que l'enquête externe nie le caractère sexuel des harcèlements signalés.

Pour toutes ces raisons, le TAF a décidé que le licenciement n'était pas justifié. Violeta B. recevra donc un dédommagement équivalent à six mois de salaire. Contacté, l'OFCL n'a pas voulu s'exprimer. L'affaire peut encore être portée jusqu'au Tribunal fédéral.

(ofu/scl)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Que je n'aime pas ça le 17.02.2019 14:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un dégoût

    Bien fait pour le dégât d'image de l'OFC. Mais ce qui est inacceptable et digne de corruption, c'est l'enquête orientée du dit Office pour protéger son harceleur. Franchement, ils se permettent tout, même à faire pendre et brûler des innocents. Des fossoyeurs des classes inférieures ! C'est lui qui devait être licencié effet immédiat et pas elle ! 6 mois de salaires c'est une moquerie car ne remplacera pas un contrat de travail. Le dégoût.

  • NEWS NOW ! le 17.02.2019 14:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honte

    Après on se plaindra de burn out !! La honte d'un tel comportement de la part d'un fonctionnaire fédéral. J'entends déjà les remarques : on ne peut pas le prouver !....

  • Alain Schweizer le 17.02.2019 14:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    comme d'habitude on protege celui qui rapporte le plus. ce qui revient à ecrire dans les reglements d'interieur "ne harcelez que les personnes qui rapportent moins que vous ou sont moins aimées que vous". honteux et inadmissible.

Les derniers commentaires

  • Nadia Ruff le 18.02.2019 20:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Harcèlement

    Mon ancien patron me faisait du harcèlement. Il me disait bonjour tous les jours. J'ai beaucoup souffert...

  • Laura Vien le 18.02.2019 13:19 Report dénoncer ce commentaire

    Inadmissibke

    Comme quoi en tant que femmes nous ne devons pas tolérer des remarques mêmes anodines et des le départ. On croit toujours que ça s'arrangera en mettant en mode tampon. Et au bout du compte quand les problèmes surviennent , on explique ce qui se passe. On a droit aux remarques ... pourquoi vous avez rien dit avant??? Je parle de vécu car j'ai été victime de harcèlement de ce genre au travail. Psychologiquement c'est très dur et si on ne réagit pas on peut sombrer dans la dépression. Pour supporter cette épreuve, J ai choisi de faire un sport de combat. Non pas pour frapper mais pour apprendre

  • Balance Tafakocheyr le 18.02.2019 12:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'arroseur arrosé

    Pas facile à gèrer: les dénonciations abusives du collègue pour l'évincer de la même promotion convoitée, ça existe, c'est bien trop facile et là, c'est le prétendu "harceleur" la victime. Seule décision possible: pas de preuves, affabulation de la pseudo victime et ni l'un ni l'autre n'ont la promotion convoitée. Ils sont même déplacés pour ne plus interférer. Puis, des billets doux laissés sur mon bureau, ça me fait sourir, alors pourquoi se plaindre avec les preuves, c'est pas méchant et résolu par une simple explication raisonnable, mais l'invivable peut aussi perdurer et là faut agir.

  • Bertrand le 18.02.2019 10:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    est les femmes

    J'ai eu affaire à une perverse narcissique ben je peux vous dire que c'est pas jojo non plus !!!

    • Ben... le 18.02.2019 11:52 Report dénoncer ce commentaire

      @Bertrand

      Quel rapport ? A moins que ça n'ait été votre supérieure (car il est question de ça ici) ?

    • Alain Schweizer le 18.02.2019 12:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Bertrand

      on peut pas regler un problème en se référant à d'autres problèmes. #whataboutism Comme si vous vous plaignez d'un vol à la police et on vous répond "et vous y pensez au problème des inégalités salariales?"

  • Ricardo Pinto le 18.02.2019 09:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Art. 328 CO

    Les cadres sont les premiers à donner l'exemple, ils sont tenus de faire respecter art. 328 du CO mais pourtant c'est les pires des entreprises, ils se prétendent au dessus des lois. Par expérience dans un contexte différent je soutiens à toutes personnes qui subissent quelque soit le type d'harcèlement. Les peines devraient être bien plus lourdes.