Primes maladie

24 septembre 2015 16:52; Act: 24.09.2015 17:46 Print

Hausse des primes: Berset plaide pour la patience

Les principaux «coupables» de l'augmentation des coûts de la santé ne vont pas disparaître, selon le conseiller fédéral.

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Les primes maladie standard vont augmenter de 4% en moyenne nationale en 2016. «On ne peut pas être satisfait», a réagi Alain Berset. Le conseiller fédéral a toutefois plaidé pour la patience. Et pointé du doigt les domaines où la Confédération peut agir.

Ni les coûts de la santé, ni les primes maladie ne vont diminuer ces prochaines années, a martelé jeudi le ministre de la santé devant les médias à Berne, à l'heure de dévoiler les primes 2016. Il revient aux acteurs du domaine de se mettre autour d'une table et de trouver des «solutions durables» pour freiner les hausses.

«Il y a un besoin d'agir sur le plan politique. Là où c'est possible, nous le ferons», a-t-il assuré. Et de citer en exemple le secteur des médicaments brevetés. La Confédération a fait baisser le prix de 1500 médicaments. Elle estime les économies ainsi réalisées à 600 millions de francs.

«Cela a eu un effet freinant positif sur les primes», estime le conseiller fédéral. Mais cela a pris trois ans depuis la décision du Conseil fédéral en 2012. Il faut donc se montrer patient, plaide-t-il.

Les primes, un reflet

Car les principaux «coupables» de l'augmentation des coûts de la santé ne vont pas disparaître: vieillissement de la population, progrès médicaux et traitements plus chers, effet démographique de la génération baby-boom arrivant à la retraite. «Les primes sont simplement le reflet des dépenses de santé.»

La Confédération peut agir notamment dans la lutte contre les maladies non transmissibles (cancers, diabète, troubles cardio-vasculaires comme la démence), qui représentent 80% des coûts directs de la santé. «Il faut prévenir les comportements à risque. Une stratégie est en consultation», selon Alain Berset. La lutte contre le tabac, afin de réduire le nombre de fumeurs, en est un exemple.

Autre domaine d'action mentionné, le pilotage du domaine ambulatoire, dont les coûts ont explosé. Médecins et hôpitaux confondus, celui-ci représente désormais quelque 40% des parts de coûts pour 2016, selon les calculs de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). «Et donc 40% des primes», a insisté Alain Berset. Dans l'ambulatoire, les primes couvrent 100% des coûts.

Depuis juillet 2013 et jusqu'en 2016, les cantons ont à nouveau la possibilité de gérer les admissions pour les médecins travaillant dans le domaine ambulatoire. Mais une réglementation à long terme est nécessaire dans ce domaine, a affirmé le ministre. «Il faut donner la possibilité aux cantons d'agir.»

Le «rattrapage» d'Assura

Interrogé sur les fortes hausses annoncées pour les cantons de Neuchâtel ( 8,2%) et du Jura ( 7,4%), le directeur de l'OFSP Pascal Strupler a pointé du doigt le rôle particulier d'Assura. Cette caisse compte le plus gros effectif d«assurés dans le canton de Neuchâtel avec près de la moitié du marché, et environ un tiers dans le Jura.

Les fortes hausses de primes de cette assurance ont eu un impact sur les moyennes cantonales. Pascal Strupler a aussi confirmé qu'il y avait eu entre la Confédération et Assura de «longues discussions» pour réduire la hausse annoncée. La caisse fait en quelque sorte du rattrapage, passant d'une caisse qui accueille majoritairement des «bons risques» à une caisse plus classique, a ajouté Alain Berset.

Hausse constante

Ces dix dernières années, les primes ont augmenté en moyenne de 3,4% chaque année. Lors de l'introduction de la loi sur l'assurance maladie (LAMal) en 1996, la prime standard s'élevait à 173 francs, contre 428 francs pour 2016. Le montant mensuel moyen des primes a ainsi presque triplé durant cette période.

(nxp/ats)