Peinture

11 juin 2011 12:31; Act: 11.06.2011 12:43 Print

Hommage en France au Suisse Jean Planque

Le musée Granet d'Aix-en-Provence rend hommage au Suisse Jean Planque, ami de Picasso. Sa collection de plus de 300 oeuvres était au départ promise au futur Musée cantonal vaudois des Beaux-Arts à Lausanne.

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Exposition de la collection Jean Planque au Musée de l'Hermitage, à Lausanne.

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Le musée Granet d'Aix-en-Provence en France rend hommage dès samedi au Suisse Jean Planque, ami de Picasso et Dubuffet. Sa collection de plus de 300 oeuvres était au départ promise au futur Musée cantonal vaudois des Beaux-Arts à Lausanne.

Après l'échec en votation du projet de Bellerive, la Fondation Jean et Suzanne Planque a reçu plusieurs offres pour sa collection. En septembre 2010, elle a choisi Aix-en-Provence, la ville de Cézanne qui était «le maître absolu» aux yeux du collectionneur.

Enfance pauvre et difficile dans la campagne vaudoise, études lacunaires: Jean Planque n'était pas destiné à devenir un grand collectionneur d'art contemporain - à sa mort en 1998, il possédait plus de 300 tableaux, dessins et sculptures, dont environ 120 sont exposés cet été. Et ni l'ami de grands maîtres tels Picasso et Dubuffet, rencontrés dans les années 60.

Et pourtant, à 19 ans, il tombe en arrêt devant une toile de Cézanne dans une galerie d'art à Lausanne. C'est un choc. «Il avait un regard, et l'ambition d'être peintre, mais en même temps la lucidité de savoir qu'il n'y arriverait pas», explique l'un des commissaires de l'exposition et conservateur de la Fondation Planque, Florian Rodari.

Comme il ne devint pas un grand peintre, il se fit collectionneur. «Dans cette collection, qui reflète une sensibilité, sa personnalité, tout se répond. Il avait l'habitude de dire: 'ce dont je suis fier, c'est qu'il n'y a rien de vulgaire'», ajoute M. Rodari, qui épousa l'une des nièces du collectionneur.

«Sévérité»

Cézanne était pour M. Planque «le maître absolu, le père de l'art moderne, une référence tant d'un point de vue esthétique que moral»: comme Cézanne renonça à la gloire pour se consacrer à son art, M. Planque, qui n'eut pas d'enfant et vivait très sobrement, sacrifia sa vie à la peinture et à sa collection.

Pour se rapprocher de son maître, il vécut même, de 1947 à 1952, près d'Aix-en-Provence, dans un petit cabanon au pied de la montagne Sainte-Victoire. Quelques unes de ses toiles sont visibles dans les dernières salles de l'exposition, aux côtés de ses carnets, photos et lettres.

Sans concession

Pour Bruno Ely, directeur du musée Granet, heureux signataire d'une convention le liant pendant quinze ans à la Fondation Planque, l'un des critères essentiels de cette collection, «sans concession, est la sévérité: elle n'est pas clinquante mais austère, ce n'est pas une peinture qui fait plaisir».

L'autre critère est «l'oeil» averti de Jean Planque, qui fut conseiller de la galerie bâloise Beyeler pendant près de 20 ans, avant de prendre sa retraite en 1972. Au détour des salles, outre des oeuvres de Cézanne, forcément, Gauguin, Monet, Degas, Bonnard, Van Gogh, Dubuffet, Klee, Léger, de Staël... On admirera pas moins de 16 Picasso et 15 Dubuffet, dont certains dédicacés.

www.museegranet-aixenprovence.fr

(ats)