Zurich

14 février 2019 12:07; Act: 14.02.2019 15:45 Print

Il enlève sa capote en douce: acquitté

Un jeune homme a comparu mercredi devant la justice pour actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Même si la Cour s'est rangée du côté de la plaignante, il a été acquitté.

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Un rendez-vous Tinder a fini mercredi devant le Tribunal de district de Bülach (ZH). En septembre 2017, une jeune femme de 18 ans et un jeune homme de 19 ans s'étaient d'abord rencontrés via l'application, puis en vrai sur l'Uetliberg, un sommet offrant une vue panoramique de la ville de Zurich. Le soir, ils s'étaient finalement rendus au domicile de la Zurichoise, où ils ont eu un rapport consenti. Or au milieu de l'acte, l'homme avait retiré son préservatif en douce. Raison pour laquelle la femme avait porté plainte contre lui cinq mois plus tard. Les jeunes gens se sont retrouvés mercredi devant les juges.

Accusé d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, le prévenu encourait 14 mois de prison ferme.

Deux versions différentes

Interrogés par la Cour, tant la plaignante que l'accusé se sont accordés sur le fait que le rapport était consenti. Le prévenu a par ailleurs reconnu que la jeune jeune femme avait insisté pour qu'il mette un préservatif. Or leur version des faits diffère sur ce qui s'est passé au milieu de l'acte sexuel.

Selon la plaignante, l'homme avait interrompu l'acte pour la satisfaire oralement. Ensuite, il aurait ôté le préservatif avant de continuer le rapport sexuel. La jeune femme assure ne pas avoir remarqué tout de suite qu'il l'avait enlevé, écrit jeudi le «Tages-Anzeiger». Quand elle s'en était finalement aperçue, elle avait exigé qu'il cesse sur-le-champ...ce que le prévenu avait fait.

L'accusé, lui, prétend que la femme savait qu'il n'avait plus de préservatif. C'est même elle qui l'aurait ôté pour lui faire une fellation. Quand les deux avaient finalement continué l'acte, la plaignante savait qu'il ne portait plus de capote, a assuré le jeune homme.

6000 francs à charge du prévenu

Pour finir, la Cour s'est rangée du côté de la plaignante. Pour les juges, il n'est pas logique d’insister sur la capote pour ensuite changer d'avis en plein rapport sexuel. Malgré tout, le tribunal a acquitté le jeune homme. Comme le rapport sexuel était consenti, on ne peut pas parler d'«actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance», a-t-il estimé. Le jeune homme devra tout de même s'acquitter des frais de justice et d'enquête de 6000 francs.

(ofu)