Suisse

15 mai 2019 13:30; Act: 15.05.2019 13:43 Print

Il faut des mesures contre la pénurie de médicaments

Le marché des médicaments subit des perturbations qui menacent les soins. Le Conseil fédéral veut changer la donne.

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En 2017 et en 2018, 177 notifications de pénurie ont été faites sur la plateforme qui recense les ruptures de stocks. (Photo: Keystone)

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Le marché libre n'arrive plus à garantir qu'il n'y aura plus de pénurie de médicaments. Des mesures doivent être prises. Une meilleure coordination est nécessaire, selon un rapport adopté mercredi par le Conseil fédéral.

Les perturbations de l'approvisionnement ont des incidences sur la prévention et sur le traitement des maladies. Elles peuvent aussi empêcher d'atteindre les objectifs sanitaires fixés par le gouvernement. Les pénuries ne concernent guère les produits innovants, mais principalement ceux qui ne sont pas très profitables.

En 2017 et en 2018, 177 notifications de pénurie ont été faites au total sur la plateforme qui recense les ruptures de stocks. Elles concernaient 81 principes actifs. Il s'agissait notamment d'anti-infectieux (33%), de vaccins (22%) et d'anticancéreux (17%).

Les pénuries les plus graves ont frappé les vaccins antidiphtériques, antitétaniques et antirabiques, la pipéracilline et le tazobactam, l'adrénaline en stylo-seringue, l'héparine et l'oxytocine.

Mesures prises

Souvent, la pénurie a pu être maîtrisée grâce à d'autres prestataires ou à l'utilisation de produits autrement dosés ou conditionnés. Des mesures supplémentaires ont été prises. L'institut Swissmedic a accepté des demandes visant à importer des médicaments avec un emballage «étranger».

Des entreprises ont limité, pour certains remèdes, les quantités à commander, voire n'ont livré qu'aux hôpitaux et centres de vaccination. Dans 29 cas, il a fallu puiser dans les stocks obligatoires.

Cette dernière solution n'est pas la panacée. La procédure standard a un coût administratif et dure au moins 2 semaines. Au début d'une perturbation, on ne peut pas toujours établir s'il faudra effectivement recourir à cette mesure.

Pas d'accalmie rapide

Il ne faut pas s'attendre à une rapide accalmie, surtout sur le marché des antibiotiques et des vaccins, selon le rapport. Dans les secteurs critiques, le libre marché n'arrive plus guère à corriger les retards dans la chaîne de livraison, vu le petit nombre de prestataires et les maigres volumes stockés dans les entreprises et les hôpitaux.

La situation mondiale de l'approvisionnement en principes actifs cruciaux pose de plus en plus de problèmes. Ces dernières années, on a délocalisé vers l'Asie la production qui se concentre chez une poignée de gros fabricants.

Pour compliquer les choses, le nombre de retraits définitifs du marché augmente. Pour les antibiotiques intraveineux, le marché des principes actifs classiques tend à devenir monopolistique. De plus, les problèmes logistiques pourraient s'accroître dans les prochaines années à cause du Brexit, car une partie non négligeable de l'approvisionnement arrive indirectement des usines anglaises.

Défi à relever

L'approvisionnement en médicament représente un défi. L'expérience liée à la plateforme qui répertorie les ruptures de stocks doit être mise à profit pour vérifier les structures du marché. Il faudra distinguer entre les nouveaux médicaments innovants et les anciens produits, vitaux dans l'approvisionnement de base.

Une coopération plus étroite avec d'autres services fédéraux, comme l'Office fédéral de la santé publique et Swissmedic, est nécessaire. Mais il faut aussi que les services cantonaux compétents prennent des mesures pour l'approvisionnement.

L'intégration des hôpitaux constitue toujours un défi. Les pharmaciens de ces établissements n'ont notifié aucune perturbation en 2017 et seulement six en 2018. Les hôpitaux pourraient contribuer à stabiliser la situation en étoffant leurs stocks. La communication avec et via la Société suisse des pharmaciens d'administration et des hôpitaux doit être améliorée et intensifiée.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • SV le 15.05.2019 15:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bougez vous les politiques

    avec une telle industrie pharmaceutique en Suisse, c'est purement scandaleux d'entendre parler de pénurie.

  • Pilule le 15.05.2019 14:25 Report dénoncer ce commentaire

    Bizzare

    Ce qui me choque sur l'image c'est voltarène en vente libre non remboursé et plus fortement dosé que le voltarène classique qui est remboursé.Cest du pur marketing et certains pays comme l'Autralie ont protestés contre la pharma. Logiquement ce serait le produit fortement dosé qui devrait être sur prescription.Ah les lobbies qui dirigent ,,

  • UE :-( le 15.05.2019 15:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas de problème

    Mais non pas de pénurie il faut juste que la confédération demande au gros pharma Suisse de ne plus exporter à l'UE où a un prix très... Suisse :-)

Les derniers commentaires

  • Teller le 16.05.2019 09:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qu'on m'explique...

    J'ai acheté en Grèce une boîte de 20 tablettes Ibuprofen 400 fabriqué en Suisse pour 1.40 ... En France c'est à peine plus cher. Peux-t-on m'expliquer le coût de production de celui vendu chez nous ?

    • lulu le 16.05.2019 12:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Teller

      j'ai pris un café en France voisine (1 euro 80) en Suisse 3,80, tu peux m'expliquer la différence ?

    • ccb le 16.05.2019 17:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @lulu

      Je l'ai pris en Italie à 0.9 euro, j ai essayé de l'importer mais il était déjà trop froid

  • Carine le 15.05.2019 20:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Voleurs

    Voilà comment fait la pharma pour engendrer encore plus d'argent. ils achètent d'abord les fabricants de génériques les uns après les autres. puis créer une pénurie et après augmentent encore les prix qui sont déjà prohibitif. la mafia fait déjà ça...

  • Piloux le 15.05.2019 18:05 Report dénoncer ce commentaire

    Le résultat est connu.......

    Le Conseil fédéral va changer la donne pour la pharma ou pour les patients ?

  • Paramedic Girl le 15.05.2019 16:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moyen de pression

    La privatisation de la fabrication de nos médicaments a un aspect pervers: Si le prix baisse, la marge n'intéresse plus les pharmas. C'est bien pour ça que la confédération continue de valider des prix exorbitants. Ils tiennent le couteau par le manche... Mais quelle solution ? Étatiser la production ?! Quand je vois le fonctionnement des structures étatiques je doute... Et pendant ce temps on continue à dire aux fournisseurs de prestations de santé directs que les coûts augmentent et qu'ils doivent se serrer la ceinture.

  • Aspirine le 15.05.2019 16:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ha ha grande découverte

    La mesure c'est d'en prescrire moins et surtout d'arrêter avec les génériques. Simple riposte de fabricants. Les pharmas ont été contraints de réduire certains prix, alors ils produisent moins pour créer la demande. Ils sont bien plus malins que les fonctionnaires en face d'eux. Et oubliez ce qui est éthique avec eux.