Saint-Gall

15 avril 2019 12:10; Act: 15.04.2019 12:10 Print

Il lui demande d'avorter si elle veut rester en Suisse

Un Serbe comparaît mardi devant la justice saint-galloise. Il aurait tenté d'inciter sa femme à mettre fin à sa grossesse, en se servant de mensonges et en la menaçant.

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(Photo: Keystone/Christian Beutler)

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Entre eux, tout est allé extrêmement vite. Avec l'accord de leurs parents, deux Serbes se sont rencontrés une première fois sur Facebook. Et après à peine deux rencontres dans la vie réelle, les jeunes gens ont fêté leurs fiançailles en Suisse en août 2014. En octobre de la même année, ils se sont mariés civilement en Serbie. Deux mois plus tard, une grande fête de mariage a été organisée dans leur pays d'origine.

Début janvier 2015, le couple est retourné en Suisse. À la fin du mois, la jeune femme a appris qu'elle était enceinte. Souffrant de fortes nausées et de douleurs, elle s'est rendue chez le docteur, accompagnée de son mari. Comme à l'époque elle ne parlait pas encore l'allemand, la Serbe se souvient uniquement être rentrée à la maison avec des médicaments.

Elle refuse d'avorter

Quand elle a demandé des explications à son époux, celui-ci a annoncé que selon le médecin quelque chose n'allait pas avec l'enfant. Il s'est avéré par la suite qu’il s'agissait là d'un pur mensonge. Raison pour laquelle le Serbe, âgé de 25 ans, doit comparaître mardi devant la justice saint-galloise.

Selon l'acte d'accusation, le prévenu a emmené sa femme voir un deuxième médecin quelques semaines plus tard. Comme lors du premier rendez-vous, elle n'a rien compris de ce que le gynécologue lui a expliqué. Une fois de plus, elle a dû s'en remettre à son mari. Et une fois de plus, il lui a dit que leur enfant n'allait pas bien et qu'ils devaient prendre rendez-vous pour un avortement. Suspicieuse, la jeune femme a passé d'autres contrôles médicaux... qui ont finalement confirmé que l'enfant se portait bien. Elle a donc refusé d'avorter.

Menace d'expulsion

Après une brève accalmie, l'accusé a annoncé début mars à son épouse qu'il voulait se séparer d'elle. Au cours des discussions qui ont suivi, il a été décidé – avec l'accord des parents des jeunes gens – que le couple allait se séparer, mais pas divorcer. Selon l'acte d'accusation, le prévenu aurait profité de ces discussions pour inciter une nouvelle fois son épouse à avorter: «Il lui a promis qu'elle pourrait rester en Suisse et garder ses papiers si elle acceptait d'avorter.» Au 4e mois de grossesse, le ton serait devenu un peu plus menaçant. Le Serbe aurait dit à sa femme qu'elle allait se faire expulser de Suisse si elle gardait l'enfant.

Le Ministère public requiert 9 mois de prison avec sursis pour tentative d'incitation à une interruption de grossesse et tentative de contraintes. La jeune Serbe, désormais devenue mère, sera elle aussi présente à l'audience en tant que plaignante privée. Elle demande une réparation morale.

(taw/ofu)