Bâle

17 janvier 2019 19:06; Act: 17.01.2019 19:06 Print

Il met fin à la grossesse de son épouse à son insu

Un homme violent a fait avorter sa femme alors que la malheureuse, qui vivait cloîtrée, ne savait pas qu’elle était enceinte.

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Lors dun troisième rendez-vous, un produit abortif a été prescrit. (Photo: dr)

Une faute?

Le Tribunal pénal bâlois va devoir statuer début février sur un drame hors du commun. Dans le box des accusés: un homme qui, avec sa mère, a forcé son épouse à se rendre chez une gynécologue pour se faire avorter alors que celle-ci ne savait même pas qu’elle attendait un enfant. Selon l’acte d’accusation, la femme de 26 ans, d’origine kosovare, est arrivée à Bâle à l’été 2014 dans le cadre d’un regroupement familial avec son mari. Vivant cloîtrée, elle était régulièrement victime de violences conjugales.

La gynéco n'a rien soupçonné

L’affaire remonte à novembre 2014, quand la malheureuse se confie à sa belle-mère: elle n’a pas ses règles. Mais elle ne fait pas le rapprochement avec une future maternité. Aussitôt, la mère et le fils complotent pour faire passer l’enfant. Un rendez-vous est pris chez une gynécologue et, lors de la consultation, c’est lui qui fait le traducteur. Il assure alors que son épouse souhaite avorter. La soignante ne met pas en doute ses dires et, à l’occasion d’une troisième consultation, elle prescrit un médicament abortif. Le 11 décembre 2014, n’en pouvant plus des violences qu’elle subit, l’épouse appelle à l’aide par la fenêtre. Des passants alertent la police qui la libère aussitôt.

Des standards à améliorer

Interrogée, Sibil Tschudin, médecin-chef à l’Hôpital universitaire de Bâle, déplore des standards insatisfaisants en matière d’avortement. Dans son établissement, elle dit veiller à ce que la communication entre médecin et patient soit indépendante de la famille.

(lha/jbm)