Suisse

24 janvier 2020 12:36; Act: 24.01.2020 15:01 Print

Il tente de tuer son épouse et fera bien 8 ans de prison

La Cour argovienne avait condamné un Allemand de 56 ans ayant échoué à assassiner sa femme. L'homme avait fait appel mais les juges de Mon-Repos maintiennent la condamnation.

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Le Tribunal fédéral. (Photo: Keystone)

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Le Tribunal fédéral rejette le recours d'un Allemand condamné pour tentative de meurtre sur son épouse. L'homme avait écopé d'une peine de 8 ans de prison devant la Cour suprême du canton d'Argovie en janvier 2019.

Le recourant, âgé aujourd'hui de 56 ans, n'a jamais avoué et sa condamnation a été prononcée sur la base d'indices. Devant le Tribunal fédéral, il a argumenté que la justice argovienne avait admis des preuves obtenues de manière illégale. En outre, cette dernière aurait établi le déroulement des faits de manière arbitraire.

Dans un arrêt publié vendredi, le Tribunal fédéral a rejeté tous ces arguments. Selon lui, les preuves obtenues et produites de manière partiellement illégale par l'épouse étaient admissibles vu la gravité du délit.

Gouttes calmantes

En outre, les juges de Mon Repos estiment que leurs collègues argoviens ont apprécié les indices sans arbitraire et les ont liés les uns aux autres par une motivation approfondie. Les contradictions ont été examinées de manière convaincante et la peine a été aussi justifiée correctement.

En janvier 2015, le justiciable avait mélangé un sédatif dans le verre d'eau de sa femme. Il voulait l'endormir afin de pouvoir l'étouffer avec un coussin durant la nuit. La victime avait entendu un bruit étrange et avait fait semblant de boire l'eau.

Enregistrement

Durant la nuit, elle avait été réveillée par une sensation d'étouffement: son mari était assis sur elle et pressait un coussin sur elle. Dans la lutte qui avait suivi, elle était parvenue à fuir jusqu'à la salle de bain. Après une longue discussion, elle avait pu quitter l'appartement et se réfugier chez une amie qui avait averti la police.

La femme avait pu verser le contenu du verre d'eau dans deux flacons à l'insu de son mari. En outre, elle avait enclenché le mode enregistrement sur son smartphone de telle sorte que les bruits de lutte et les échanges entre les époux avaient pu être produits devant la justice.

La Cour suprême argovienne s'était fondée largement sur cet enregistrement, mais pas seulement, comme l'a rappelé le Tribunal fédéral. D'autres indices ont plaidé contre le mari. Ainsi, il avait tenté de commander sur Internet un psychotrope de type «drogue du violeur» avant les faits. En outre, il avait aussi effectué des recherches sur des produits calmants, en particulier sur le dosage et les effets de celui utilisé sur sa femme. (arrêt 6B_902/2019 du 8 janvier 2020)

(nxp/ats)