Suisse - Indonésie

14 octobre 2018 12:30; Act: 18.10.2018 18:16 Print

«Je suis isolé ici et ne peux pas voir ma famille»

Un Polonais de 39 ans vivant jusqu'il y a peu à Lausanne est emprisonné depuis près de deux mois en Indonésie pour un trafic d'armes présumé avec des rebelles de la jungle.

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Le gouvernement de Jakarta (Indonésie) le considère comme dangereux pour la sécurité intérieure: J.S.*, un Polonais de 39 ans dont parle ce dimanche «SonntagsBlick», aurait tenté de négocier une vente d'armes avec des séparatistes violents et de déclencher une révolte visant l'indépendance de la province indonésienne de Papouasie, située dans l'est du pays. Il est emprisonné depuis près de deux mois en Indonésie et risque une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement pour trahison.

Selon des recherches du dominical, J.S. vivait à Lausanne jusque récemment. Il a travaillé pendant des années dans une usine de la capitale vaudoise et a été politiquement actif. Au début de l'année, il a notamment travaillé en Suisse romande pour l'initiative No Billag. Il a même participé à une discussion à ce sujet, organisée par la RTS, écrit «SonntagsBlick».

«Je suis totalement isolé ici»

J.S. semble être proche de divers groupements extrémistes, poursuit le journal. Sur Facebook, on le voit ainsi poser avec un t-shirt «Defend Helvetia» (Défends la Suisse), une inscription appréciée des extrémistes de droite. Toujours sur le réseau social, il ferait aussi de la pub pour des néonazis polonais. Un de ses amis virtuels s'appelle d'ailleurs Dominic Lüthard, chef du parti nationaliste suisse (PNS).

Contacté, J.S. rejette les accusations portées contre lui. Il s'est rendu en Papouasie pour voir la région, a-t-il confié au journal. «Je suis totalement isolé ici. Je n'ai pas le droit de voir mes amis ou ma famille.» Selon lui, les cellules en prison sont surchargées et les conditions hygiéniques seraient catastrophiques. «La seule erreur que j'ai faite c'est d'avoir rencontré des gens qui par la suite se sont avérés être des indépendantistes.»

Accusé à tort?

Diverses organisations de défense des droits de l'homme doutent elles aussi des accusations portées contre J.S. Elles rappellent en effet que le gouvernement indonésien opprime via la répression tout élan séparatiste. Il ne serait par ailleurs pas rare que des mouvements autonomistes pacifiques soient considérés comme criminels.

De son côté, le Département fédéral des affaires étrangères confirme avoir mené une enquêté sur cette affaire, mais ne peut s'exprimer davantage: l'homme ne possède qu'un passeport polonais.

(ats/ofu)