Berne

14 juillet 2014 13:09; Act: 14.07.2014 13:33 Print

L'AI juge plus sévèrement que les médecins

Les experts de l'Office fédéral des assurances sociales jugent l'aptitude au travail des candidats à une rente AI environ 30% plus élevée que les demandeurs ou leurs médecins.

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Une étude de l'Hôpital universitaire de Bâle montre que l'Office fédéral des assurances sociale (OFAS) est près de 30% plus sévère que les médecins et les demandeurs de l'AI quand il s'agit de juger l'aptitude au travail des candidats à une rente. L'Hôpital universitaire de Bâle précise lundi que cet aspect n'a encore jamais été examiné.

Cette divergence augmente même pour une activité professionnelle qui serait adaptée aux souffrances des candidats. Dans ce cas-ci, les spécialistes des centres d'observation médicale (COMAI) de l'office fédéral évaluent la capacité des candidats de quelque 50% plus élevée.

Ces écarts s'avèrent toutefois moins importants lorsque les demandeurs sont sujets à de graves dépressions nerveuses. Ils augmentent en revanche dans le cas de maux physiques qui ne peuvent pas être prouvés directement, comme la fatigue, l'épuisement ou des symptômes de douleur.

Conflit d'intérêts

Pour expliquer ces divergences d'évaluation, les auteurs de l'étude soulignent que les candidats aux rentes de l'assurance invalidité (AI) et leurs médecins peuvent prendre en considération davantage de facteurs personnels et psychosociaux que les experts des COMAI écartent. Ces derniers peuvent aussi être sujets à un conflit d'intérêts, étant donné qu'ils sont payés par l'AI.

Les scientifiques proposent d'harmoniser la méthode d'évaluation. Celle-ci n'est actuellement pas suffisamment définie. L'Institut d'épidémiologie clinique et de biostatistique de l'hôpital universitaire de Bâle a examiné 3463 dossiers locaux, répartis sur une période de quatre ans. La plupart des demandes concernaient des difficultés de mouvement et des diagnostics psychiatriques.

L'assurance invalidité procède à une évaluation de l'aptitude au travail dans environ 10% des demandes de rente, normalement lorsque des incertitudes subsistent. Cet examen est effectué par l'un des centres d'observation médicale (COMAI) reconnus par l'Office fédéral des assurances sociales.

(ats)