Tunnel du Gothard

15 février 2011 13:52; Act: 15.02.2011 15:38 Print

L'Initiative des Alpes veut saisir sa chance

L'Initiative des Alpes saisit comme une chance la réfection du tunnel routier du Gothard dès 2020.

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Le tunnel du Gothard devra subir des travaux de réfection dès 2020. (Photo: Keystone)

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L'Initiative des Alpes veut appliquer à l'avenir et de manière permanente la solution qui sera mise en place provisoirement pendant les travaux, transférant les poids lourds de la route au rail.

L'organisation de défense de l'environnement a appelé mardi devant la presse à Berne à «faire d'une pierre deux coups en assainissant et en transférant en même temps». Elle propose d'interdire le tunnel aux poids lourds après la rénovation. Seuls les camions en trafic local seraient encore autorisés à l'emprunter.

Pour transférer les camions au rail, l'Initiative des Alpes souhaite s'appuyer sur le dispositif prévu pour l'assainissement du tunnel: une chaussée roulante dans le tunnel de base du Gothard. Ce système serait pérennisé au-delà des travaux.

L'organisation estime que «trois trains par heure et par direction permettront de transporter tous les camions qui, selon la loi, seront encore autorisés à franchir les Alpes dès 2018/2019».

Une variante moins chère

L'interdiction des poids lourds permettrait des gains de temps et d'argent lors de l'assainissement. Les travaux se feraient notamment sans tenir compte de la hauteur des camions ou du potentiel d'incendie qu'ils représentent, d'où une baisse de coûts pour la réfection des plafonds et de la ventilation.

Des économies sont également envisageables dans la gestion du trafic poids lourds. L'Initiative des Alpes souhaite rendre payante l'utilisation de la chaussée roulante, afin de couvrir les coûts d'exploitation du dispositif.

Des travaux moins lourds signifieraient une rénovation moins longue: 600 à 750 jours contre 900 jours dans les deux scénarii étudiés par le Conseil fédéral. Toutefois, l'Initiative des Alpes veut fermer le tunnel uniquement de novembre à mars, ce qui implique une durée totale des travaux de 4 à 5 ans.

Les deux options actuellement à l'étude prévoient soit une fermeture complète du tunnel durant deux ans et demi soit une fermeture de septembre à mi-juin pendant trois ans et demi.

Au total, l'Initiative des Alpes estime que son projet est moins cher que les variantes du Conseil fédéral. Une «réfection light» coûterait ainsi 950 millions contre 1,2 à 1,4 milliard pour un tunnel qui continuerait à accueillir les camions.

L'organisation appelle le Conseil fédéral à procéder aux calculs nécessaires pour vérifier ces estimations et «à en communiquer les résultats au Parlement et au public».

Atteindre les objectifs légaux

Pour l'initiative des Alpes, le projet permettrait encore d'atteindre les objectifs légaux en termes de transfert du trafic transalpin de la route au rail, à savoir arriver à 650'000 trajets poids lourds à l'horizon 2020 contre 1'300'000 aujourd'hui.

Le flux de camions empruntant la chaussée roulante serait régulé via un système de réservations ou grâce à une bourse du transit alpin (BTA).

L'organisation estime enfin que l'interdiction des camions amènerait une sécurité accrue dans le tunnel en amenuisant les risques de collision et d'incendie grave. Les bouchons diminueraient également en l'absence de poids lourds et suite à l'abandon du système de dosage.

Le Conseil fédéral ne souhaite pas commenter le projet pour l'instant, a indiqué son porte-parole André Simonazzi. Le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) ne se prononce pas non plus, mettant en avant le délai nécessaire pour que des experts puissent se pencher sur la question.

De même, l'Office fédéral des routes (OFROU) ne prend pas position. Il estime que la proposition de l'Initiative des Alpes n'est qu'une réaction parmi d'autres à l'annonce de la réfection du Gothard, comme celles des cantons d'Uri ou du Tessin.

(ats)