Initiative contre l'immigration de masse

26 mai 2015 11:15; Act: 26.05.2015 13:53 Print

L'UDC exige une application stricte

Deux jours après l'annonce du PLR annonçant vouloir un référendum sur l'application de l'initiative contre l'immigration de masse, l'UDC a également réagi.

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Pour le parti, le projet présenté par le Conseil fédéral «ne respecte pas la volonté du peuple». Avant de parler d'une nouvelle votation, il s'agit de mettre en oeuvre les décisions populaires.

L'Union démocratique du centre (UDC) réclame une diminution de l'immigration en Suisse au moyen de contingents et de la préférence nationale. Une immigration annuelle nette de près de 80'000 personnes, comme en 2014, est «insupportable et ruine à long terme la Suisse», a affirmé mardi le président du parti Toni Brunner devant la presse.

Le but est plutôt de limiter le nombre de migrants à 30'000 à 40'000 par an, a renchéri le conseiller national Adrian Amstutz (BE), articulant pour la première fois un plafond concret.

Pour l'UDC, le maître-mot est «déception». Le projet d'application de l'initiative contre l'immigration de masse est un «exercice alibi», a fustigé le Bernois en guise de réponse à la procédure de consultation en cours. Certes, le Conseil fédéral a repris des éléments du concept démocrate du centre, mais de manière «lacunaire et sélective».

Regroupement familial restreint

Pas question pour l'UDC d'offrir un statut particulier aux citoyens de l'UE et de l'AELE par rapport aux autres étrangers. Leur venue en Suisse doit être strictement limitée par des contingents et même en cas de séjour de moins d'une année, réclame l'UDC.

Les exigences pour le regroupement familial doivent être renforcées. Seuls les titulaires d'un permis B ou C devraient pouvoir faire venir leur famille en Suisse et uniquement s'ils peuvent financer l'entretien de leurs enfants.

La définition des frontaliers doit être restreinte également pour les frontaliers de l'Union européenne. Quant au Tessin, il a besoin d'une réglementation efficace et souple en la matière.

Libre circulation, adieu

Le gouvernement et les autres partis ne veulent pas diminuer le nombre de migrants en Suisse, ils cherchent seulement à jouer la montre en attendant les élections fédérales du 18 octobre, ont fustigé les représentants de l'UDC. Or, il est urgent d'agir, d'autant plus que les perspectives économiques s'assombrissent.

Dans leur volonté de réduire strictement le nombre de nouveaux étrangers en Suisse, les démocrates du centre sont prêts à assumer une résiliation de l'accord sur la libre circulation des personnes. L'UE va se garder de faire tomber les autres accords bilatéraux puisqu'elle en profite aussi, a assuré Adrian Amstutz.

Un vote en question

L'idée de faire voter une nouvelle fois le peuple sur le maintien des accords bilatéraux serait une stratégie risquée tant que la question de l'immigration n'est pas réglée, a estimé Toni Brunner. Mais il est également «intolérable que le Conseil fédéral veuille faire dépendre du bon vouloir de Bruxelles la limitation de l'immigration en provenance de l'UE».

En fin de compte, si l'on constate que l'UE ne veut pas renégocier la libre circulation des personnes, il faudra résilier l'accord. Et si c'est nécessaire, une nouvelle initiative populaire sera lancée, a noté Toni Brunner.

La consultation sur le projet du gouvernement, qui prévoit de généraliser les contingents d'étrangers à partir de quatre mois de séjour, se conclut jeudi. Après avoir pris connaissance des avis des milieux concernés, le Conseil fédéral présentera un projet retouché en conséquence au Parlement. Un référendum n'est pas exclu en bout de course.

(ats)