Suisse

04 avril 2016 21:54; Act: 04.04.2016 21:54 Print

L’UDC renonce aux affiches de campagne

par David Maccabez - Le parti n’investira pas l’espace public en marge de la votation du 5 juin. Cela ne veut pas dire qu’il ne sera pas actif.

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Les messages choc sont presque dans lADN de la formation. (Photo: Keystone/Lukas Lehmann)

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«Nous avions mis des moyens considérables (ndlr: pour la campagne perdante du 28 février), et cela a attisé nos adversaires qui ont pu nous utiliser comme épouvantail. Nous ne voulons pas refaire la même erreur», déclarait hier le vice-président de l’UDC Suisse, Oskar Freysinger, dans «24Heures».

Il réagissait à l’annonce du conseiller national Andreas Glarner (AG) dans le «SonntagsBlick»: le parti ne mènera pas de campagne nationale (affiches, tous ménages,...) dans le cadre du vote sur la réforme du droit d’asile. Il laisse le soin aux sections cantonales de le faire, à leurs frais.

Pas que l'argent

Si certains voient cette tactique comme risquée (lire encadré), dans les rangs du parti, on reste philosophe. «Beaucoup croient qu’on gagne grâce à l’argent. Nous pouvons le faire grâce à nos idées», martèle le conseiller national et vice-président de l’UDC du Valais romand, Jean-Luc Addor. Un avis que partage Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud: «Par ailleurs, nous avons remarqué que les affiches choc nous jouent des tours. Cela s’est vu pour le renvoi des criminels étrangers». Selon lui, militer dans la rue est aussi une bonne option. Car a priori la section vaudois n’investira pas dans des affiches. Celle du Valais «jouera avec ses moyens».

L’UDC reproche à la révision de la loi soutenue par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga de rendre la Suisse trop attractive. Elle critique en particulier le conseil juridique gratuit qu’elle proposerait aux requérants.

Coup «surprenant» d’un parti qui mue

Pour Pascal Sciarini, politologue à l’Université de Genève, le coup est «surprenant»: «L’argent qu’elle dépense dans ses campagnes est une des clés de son succès. Dépenser moins c’est être moins visible!» Il relève qu’elle renonce à une de ses meilleures armes: des actions nationales avec un slogan universel. Si on ne peut prédire une défaite, il faut toutefois noter que le parti évolue. Christoph Blocher l’a par exemple appelé à déposer moins d’initiatives.