Votations 5 juin

04 avril 2016 15:15; Act: 05.04.2016 09:09 Print

L'UDC tire à boulets rouges sur la révision de l'asile

par Christine Talos - Le parti a lancé lundi sa campagne en faveur du référendum contre la loi sur lequel les Suisses doivent se prononcer en juin.

storybild

Les ténors du parti étaient tous présents lundi devant la presse à Berne. (Photo: Keystone)

Une faute?

Non à une culture de bienvenue irresponsable et onéreuse. Non aux avocats gratuits et aux expropriations. C'est par ces arguments principaux que l'UDC a sorti le grand jeu et tous ses ténors lundi à Berne pour lancer sa campagne pour le référendum contre la révision de la loi sur l'asile sur laquelle le peuple votera le 5 juin prochain.

Pour rappel, le peuple devra dire s'il soutient ce grand projet porté par la ministre de la justice Simonetta Sommaruga. La révision doit accélérer les procédures en réunissant les mêmes acteurs au même endroit et garantir un traitement équitable grâce à un avocat gratuit pour les requérants. Auteure du référendum, l'UDC s'insurge justement contre les avocats gratuits et la possibilité d'expropriation prévue pour loger des requérants. Selon elle, la réforme ne renforcera pas la lutte contre les abus.

L'UDC ne conteste pas la tradition de l'asile, mais pour la sauvegarder, il faut combattre les abus, a souligné le conseiller national zurichois Roger Köppel. «Dans l'Europe d'aujourd'hui, nous n'avons pas affaire à une crise des réfugiés, mais à une crise au niveau de la direction politique»,-a-t-il expliqué devant la presse. «L'Europe est elle-même responsable de l'afflux de migrants en raison d'une politique de bienvenue à la Merkel, et les gouvernements ne distinguent plus les vrais réfugiés des fa»ux, estime-t-il.

Politique de bienvenue

Hic selon l'UDC: alors que la Suisse est directement touchée par ce chaos sur l'asile, au lieu de renforcer la protection de ses frontières, elle fait juste l'inverse. «Au lieu de nous fermer aux faux réfugiés, Simonetta Sommaruga veut accroître nos capacités d'accueil en expropriant aux besoins des terrains afin d'y construire des centres, et renforcer notre culture d'accueil en proposant des avocats gratuit»s, critique Roger Köppel. Ce qui augmentera la demande, craint-il. «Nous devons stopper cette folie de l'asile. »

La conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz s'en prend également aux avocats gratuits mis à disposition des requérants. «Cette innovation ne manquera pas de constituer un magnifique appel d'air pour la migration vagabonde qui trouvera chez nous une facilité qu'elle n'a pas ailleurs», critique-t-elle. En Suisse, les requérants sont pris en charge de A à Z, ce qui n'est pas le cas ailleurs. Les coûts ne manqueront donc pas d'exploser, d'autant que la majorité des demandeurs d'asile ne trouve pas d'emploi et se retrouvent donc, après 5 ou 7 ans aux services sociaux, à la charge des cantons et des communes.

Faux chiffres du gouvernement

En outre, le conseiller national argovien Andreas Glarner, chef de campagne, le projet de Simonetta Sommaruga repose sur des chiffres faux. La révision estime à 24'000 le nombre de requérants par année, alors qu'en 2015, la Suisse en a accueilli près de 40'000. En outre, elle admet que 40% des requérants sont des cas Dublin et peuvent donc être renvoyés dans les pays européens du premier accueil. Or, dans les faits, l'an dernier, seuls 6% des gens ont été renvoyés.

Pour le conseiller national bernois Adrian Amstutz, président du groupe UDC aux Chambres, l'UDC ne veut pas que la Suisse devienne la destination favorite des migrants économiques et autres profiteurs de notre système social. Il faut donc, selon lui, prendre des mesures efficaces en réintroduisant à nouveau les contrôles aux frontières, avec le soutien de l'armée si nécessaire. «On peut ainsi mettre fin aux activités des bandes criminelles et brutales de passeurs et faire un premier tri dans l'afflux de migrants. »

Effets collatéraux

Un retour des contrôles qui aurait des effets collatéraux bénéfiques, selon le Bernois qui cite l'exemple de Genève: «lorsque la France a réintroduit les contrôles aux frontières après les attentats du 13 novembre à Paris, le nombre de cambriolages à Genève a brusquement baissé de 14% en décembre 2015.»

Enfin, le président de l'UDC Suisse, Toni Brunner, est revenu sur l'annonce dans la presse dominicale que le parti ne mènerait pas de campagne dans les journaux et ne placarderait pas d'affiches. On ne veut pas mettre de moyens énormes, ce n'est qu'un référendum, a-t-il fait valoir. Ce sont les partis cantonaux qui devront se battre, a-t-il fait savoir. Et la presse doit faire son travail d'information, a-t-il ajouté. Mais le comité présent a reconnu que le parti ne disposait pas de moyens financiers illimités et qu'il se réservait pour d'autres campagnes.

(nxp)