Elections fédérales

20 février 2011 10:09; Act: 20.02.2011 10:19 Print

L’UDC vise la suprématie au parlement

Le grand parti ne se contente plus de briguer 40% des voix aux prochaines élections. Son stratège Ulrich Schlüer annonce l’objectif de 51% des voix .

storybild

Ulrich Schlüer fait partie des idéologues proches de Christoph Blocher. (Photo: Keystone)

Une faute?

Il y a quinze jours, le conseiller national UDC zurichois Christoph Mörgeli s’était encore contenté de déclarer à «Der Sonntag» que «son parti allait bien atteindre tôt ou tard le chiffre de 40% des électeurs». Les ambitions du Zurichois avaient déjà fait l’objet de pas mal de railleries chez les observateurs de la scène politique suisse. Mais voilà qu’Ulrich Schlüer, un autre conseiller national UDC et historien de profession, remet la compresse en prônant dans un document interne la stratégie des 51%. En gros, son argumentation est la suivante: Si les autres partis politiques suisses ne s’engagent plus pour l’indépendance et la neutralité de la Suisse, c’est à l'UDC de tout mettre en œuvre pour obtenir une majorité absolue.

Idéologiquement parlant, Schlüer fait partie des proches de Christoph Blocher. Il appartient d’ailleurs à l’équipe restreinte qui est chargée de formuler la stratégie du parti. Entre 2003 et 2006, il se contentait encore de proclamer que la concordance est une forme de gouvernement appropriée pour la Suisse, pour autant que tous les partis défendent l’indépendance de la Suisse.

Cette situation aurait cependant changé et Schlüer de conclure: «Nous sommes les seuls aujourd’hui à défendre ces valeurs et si nous voulons les maintenir, il nous faut nous battre pour obtenir une majorité absolue des voix dans ce pays». «Stratégie 51%», le document de réflexion interne du parti aurait d'ailleurs, selon Schlüer, de plus en plus de partisans.

Maurer met en garde contre ces ambitions «dangereuses»

L'esquisse d'une nouvelle stratégie du parti est en contradiction avec les propos tenus par Ueli Maurer, le ministre de la Défense UDC, dans les médias romands. Selon Maurer, les 40% d’électeurs prônés par Christoph Mörgeli sont déjà trop: «Un parti qui détiendrait 40% des votes est un danger pour la Suisse. Les autres partis seraient marginalisés. C’est contraire à notre culture politique qui cherche le consensus et l’équilibre».

(rga)