Suisse

14 novembre 2019 10:21; Act: 14.11.2019 13:25 Print

L'USS exige des hausses de salaires

L'Union syndicale suisse (USS) propose dix mesures pour redonner du pouvoir d'achat aux Suisses.

L'USS rappelle que «de plus en plus de ménages de Suisse ont des difficultés à payer leurs factures».
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La Suisse a un problème de pouvoir d'achat, alerte l'Union syndicale suisse (USS). Celui-ci propose dix mesures pragmatiques pour redonner des moyens à la classe moyenne et aux plus faibles, dont certaines sont déjà appliquées dans des cantons.

Le syndicat a appelé jeudi à des hausses «substantielles» des salaires pour faire face au «fardeau» des primes de l'assurance maladie sur les bas et moyens revenus. «De plus en plus de ménages de Suisse ont des difficultés à payer leurs factures», affirme l'USS. En excluant les dépenses de santé, «la consommation des ménages est en baisse», s'alarme-t-elle.

Dix mesures

Pour Pierre-Yves Maillard, président de l'USS, la Suisse a les moyens d'atténuer une partie des inégalités, a-t-il relevé jeudi devant la presse à Berne. Outre des hausses de salaires, il réclame notamment un treizième salaire pour tout le monde et davantage de conventions collectives de travail (CCT) fixant des minima.

Dans certains secteurs, comme l'électricité ou le gros oeuvre du bâtiment, des hausses respectives de 100 et de 80 francs par mois pour tous les salariés ont été obtenues pour 2020, a-t-il relevé. Mais tous les secteurs sont appelés à faire un effort.

Discrimination des femmes

L'USS demande également une plus grande attention portée à la lutte contre la discrimination salariale des femmes et une amélioration de leur situation professionnelle en développant des structures d'accueil des enfants financées par l'Etat.

Les familles ont aussi besoin de meilleures allocations familiales. Là-aussi, si 300 francs pour les enfants et 400 pour les jeunes aux études sont possibles dans certains cantons comme Vaud ou Genève, cela devrait l'être partout en Suisse, en particulier à Zurich, Berne ou Bâle, selon M. Maillard.

Face à la baisse des rentes du deuxième pilier, l'USS propose d'améliorer le rapport entre le prix et les prestations des caisses de pensions en renforçant la composante de répartition.

Bénéfices de la BNS

Enfin pour renforcer l'assurance vieillesse et survivants (AVS), le syndicat exige la distribution d'une partie des bénéfices de la Banque nationale suisse (BNS) en faveur de l'AVS. «Il ne s'agit pas à la Suisse de s'endetter», a relevé le socialiste vaudois.

La BNS s'apprête, pour 2019, à réaliser plus de 60 milliards de bénéfice, et à constituer une réserve pour distribution future de bénéfices qui dépassera allègrement les 100 milliards.

La moitié seulement de ce montant, additionné à une modeste fraction des bénéfices futurs attendus, assurerait la moitié du financement nécessaire de l'AVS pour les 25 prochaines années, a expliqué le nouveau conseiller national.

Et ceci, sans que l'indépendance de l'institution soit en quoi que ce soit menacée. Pour le solde, l'USS préconise une adaptation du taux de cotisation de l'ordre de 1%, tous les dix ans, ces deux prochaines décennies. C'est ainsi qu'on peut préserver les actuels âges de la retraite et compenser, au moins partiellement, dans l'AVS les baisses de rente du 2e pilier, a-t-il encore souligné.

Il a encore mentionné le plafonnement du poids des primes maladie à 10%, un principe appliqué dans le canton de Vaud, et sur lequel les Suisses pourraient se prononcer via une initiative lancée par les socialistes. Selon les normes internationales, l'assurance maladie est considérée comme un impôt. "Mais elle ne respecte pas le principe de la dégressivité inscrit dans la Constitution, a encore noté le président de l'USS.

(nxp/ats)