Suisse

12 juillet 2019 08:56; Act: 12.07.2019 09:52 Print

L'affaire CarPostal restera sans suite

par Pascal Schmuck, Zurich - Un rapport de la Confédération ne propose que des adaptations sélectives pour la gouvernance des entreprises fédérales. Au plus grand dam d'associations patronales ou de politiciens.

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est le nouveau numéro un de La Poste. Il succède à Ulrich Hurni, qui a pris la tête du géant jaune ad interim après le départ de Susanne Ruoff de la direction, suite aux affaires liées à CarPostal. Il entrera en fonction en avril 2019. (Jeudi 22 novembre 2018) Affaire Carpostal: la Confédération veut aussi enquêter sur les années avant 2007. (Vendredi 6 juillet 2018) Scandale chez CarPostal: l'Office fédéral des transports a découvert que la filiale de La Poste avait réalisé des bénéfices dans un domaine subventionné. Et qu'elle avait opéré des transferts illégaux de bénéfices entre 2007 et 2015 afin de supporter des secteurs déficitaires. (Vendredi 29 juin 2018) La directrice de La Poste, , a bien tenté de sauver son poste mais la pression était trop forte et elle a fini par jeter l'éponge. (Vendredi 29 juin 2018) , directeur de PostMail, assure l'intérim à la tête du géant jaune en attendant le remplacement de Susanne Ruoff. (Vendredi 29 juin 2018) , président du Conseil d'administration de La Poste, a poussé Susanne Ruoff vers la sortie mais il est lui-même sur la sellette. (Vendredi 29 juin 2018) A défaut d'Urs Schwaller, c'est le vice-président de La Poste, , qui a dû démissionner dans le sillage du scandale de CarPostal. (Vendredi 29 juin 2018) L'administratrice , également soumise à un feu roulant de critiques, a également dû jeter l'éponge. (Vendredi 29 juin 2018) Toute la direction de CarPostal a été suspendue sur la base du rapport d'enquête remis par le cabinet Kellerhals Carrard. Christian Pluess a été nommé à la tête de la nouvelle direction. (Vendredi 29 juin 2018) CarPostal est également soupçonné d'avoir soutenu le trafic local des voyageurs au Tessin par des subventions croisées illégales. (Vendredi 29 juin 2018) Le scandale CarPostal a des ramifications au Liechtenstein, où l'autorité des marchés financiers a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent. (Vendredi 29 juin 2018)

Une faute?

Le scandale CarPostal a fait couler beaucoup d'encre en Suisse et beaucoup de monde s'attendait à ce que le rapport sur la gouvernance des entreprises fédérales par la Confédération débouche sur de solides propositions de réformes. Raté: il ne recommande que des adaptations sélectives, ainsi que l'explique la «NZZ» dans son édition de vendredi.

Si le rapport dévoilé voici plusieurs jours déjà constate de graves déficiences comme des bureaux spécialisés sous-financés de la part du gouvernement, des conflits d'intérêts non résolus ou encore des objectifs contradictoires, le groupe d'experts ne voit pas la nécessité fondamentale d'agir.

«Un exercice alibi»

Le rapport recommande des procédures d'élection plus transparentes pour les membres du conseil d'administration ou encore une systématisation des entretiens entre la Confédération et la direction.

Une bienveillance qui surprend bon nombre de personnes. «Pour moi, tout cela ressemble à un exercice alibi commandé sous la pression publique», estime Philipp Weckherlin, expert en gouvernance publique.

Exigence de centralisation

Pour Economiesuisse, le rapport soulève de nombreuses questions. Kurt Lanz, membre du conseil d'administration, regrette un ton politiquement édulcoré tant au niveau du contenu que des conclusions du Conseil fédéral. «Les ajustements proposés ne règlent pas les problèmes de contrôle par le gouvernement, mais les cimentent pour les années à venir», regrette-t-il.

L'Usam se montre tout aussi critique, son directeur adjoint Henrique Schneider parlant d'un «exercice obligatoire». A ses yeux, il était clair dès le départ que le Conseil fédéral s'attribuerait de bonnes notes avec ce rapport.

Les deux fédérations exigent des améliorations fondamentales de la part du Conseil fédéral, se basant sur les principes directeurs de l'OCDE. Ceux-ci recommandent entre autres qu'une autorité centralisée et professionnelle soit responsable des entreprises publiques. Ou tout du moins une unité de coordination forte.

Fronde politique

Les parlementaires s'inquiètent aussi des recommandations du rapport. Le conseiller national Albert Vitali (PRD/LU) exige davantage d'autocritique de la part du Conseil fédéral et proposera une motion pour imposer des ajustements dans la gestion des entreprises publiques.

La gauche de l'hémicycle n'est pas moins critique. «Les interventions cosmétiques n'empêcheront pas des cas similaires à ceux de CarPostal de se reproduire», souligne le conseiller national Thomas Hardegger (PS/ZH).

(nxp)