Allemagne

03 mai 2017 20:15; Act: 04.05.2017 08:15 Print

L'agent secret a bien été mandaté par la Suisse

Le présumé espion suisse arrêté en Allemagne a été mandaté par le Service de renseignements de la Confédération (SRC).

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La conseillère nationale Corina Eichenberger prise en photo le 8 décembre 2015 à Berne. (Photo: Keystone)

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«Nous nous sommes occupés du cas il y a cinq ans. Le SRC nous l'avait soumis à l'époque», a expliqué mercredi à l'ats la conseillère nationale Corina Eichenberger (PLR/AG), vice-présidente de la délégation des commissions de gestion, chargée de la surveillance du SRC. Elle confirme une information de plusieurs médias.

Ce ressortissant suisse travaillait alors pour le SRC, à un moment où le paradis fiscal helvétique était sous forte pression. «L'Allemagne a pratiqué de l'espionnage économique en achetant des CD-Rom contenant des données bancaires» pour débusquer les fraudeurs allemands du fisc, a ajouté Mme Eichenberger.

Dans le cadre du contre-espionnage, le SRC a voulu savoir qui avait donné l'ordre d'acheter ces données. L'agent secret a alors été engagé. «D'après ses informations, des mandats d'arrêt ont été émis contre trois inspecteurs du fisc allemand pour soupçons d'espionnage économique».

Contre-espionnage «normal»

Le contre-espionnage fait partie des tâches du SRC, a ajouté Mme Eichenberger. A l'époque, tout s'est déroulé correctement dans le cadre légal. «Si nous avions vu les choses autrement, nous serions intervenus et pour le moins tancé le SRC pour ses agissements». Actuellement toujours, la conseillère nationale considère que le SRC a agi comme il faut.

Mme Eichenberger ne pense pas que l'arrestation de l'homme à Francfort soit en lien avec ses activités d'il y a cinq ans. «Ce qui se passe maintenant est probablement une chose tout à fait différente», a-t-elle dit à l'ats. Jeudi, la délégation des commissions de gestion entend se faire informer en détail des raisons de l'arrestation.

Pas d'altération

De son côté, le conseiller aux Etats Joachim Eder (PLR/ZG), président de la délégation pour les relations avec le Bundestag allemand, ne pense pas que l'affaire du présumé espion suisse va gâter à long terme les relations entre les deux pays. Des politiciens allemands avaient, eux, exprimé leur mécontentement.

Certes, cette affaire est susceptible de provoquer «une dégradation provisoire des rapports», a déclaré mercredi à l'ats M. Eder. Mais celui-ci n'envisage pas une détérioration durable, se référant aux relations traditionnellement bonnes entre les deux Etats.

Il est toutefois possible que l'affaire soit un peu «gonflée» dans le contexte des élections prévues cette année en Allemagne dans deux Länder en mai (Schleswig-Holstein et Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et au niveau fédéral en septembre, estime-t-il.

Liens trop intenses

Thomas Hardegger (PS/ZH), vice-président de la délégation, pense également que la situation «va rapidement se calmer». Les liens économiques entre les deux pays sont si intenses que «personne n'aurait intérêt» à une dégradation, croit-il.

Côté suisse, il y aurait des raisons «de ne pas être content des machinations allemandes», déclare M. Hardegger, faisant allusion à l'acquisition par des Länder de données bancaires de fraudeurs du fisc. Mais il pense que toute l'affaire peut être clarifiée.

Homme arrêté à Francfort

Celle-ci a éclaté avec l'arrestation vendredi dernier d'un Suisse de 54 ans à Francfort. En détention préventive, l'homme est accusé d'avoir travaillé durant plus de cinq ans pour un service de renseignements étranger.

Selon son avocat, il «est soupçonné d'avoir investigué pour le compte du SRC sur des enquêteurs fiscaux allemands illégaux en Suisse». Une information non confirmée par les autorités helvétiques.

L'ambassadrice de Suisse à Berlin a été reçue mardi au ministère allemand des Affaires étrangères afin de fournir des explications sur cette affaire.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • ruedu le 03.05.2017 20:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    2 poids 2 mesures

    quand les autres font la même chose (Allemagne / Farnce/ Amérique) c'est normal...

  • Chouette! le 03.05.2017 21:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Droit de se défendre

    Si l'allemagne souhaite se battre en utilisant des données secrètes obtenues illégalement, la Suisse a le droit de se défendre par les mêmes moyens. Le seul embarras que notre pays pourrait ressentir, c'est d'avoir un espion découvert. N'ayons pas honte d'avoir recouru à ses services.

  • Rey le 03.05.2017 22:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvres chéris

    Je suis d'origine allemande et suisse. Cela étant, les allemands ont utilisé des données volées, ce qui est normal pour eux, et aujourd'hui ils sont scandalisés que la Suisse, petit pays riquiqui, se permettent de les espionner... Laissez-moi rire. Ils se l'ont coincée lors des écoutes de Mme Merkel. Il serait grand temps que nos politiques qui nous coûtent un bras, tapent sur la table et arrêtent de se laisser marcher sur les pieds.

Les derniers commentaires

  • Jean Trick le 04.05.2017 09:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Swiss Finish

    Bien... vous croyez quoi??? on pleurniche, on fait semblant d'être à la traîne en Suisse, mais en réalité on est bien plus forts! on peut en remontrer à beaucoup.

  • jo le 04.05.2017 07:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    007 schweiz

    on a un 007 suisse

    • L'homme invisible le 04.05.2017 09:21 Report dénoncer ce commentaire

      @ jo

      Je dirais plutôt un 000, car 007 ne se serait pas fait coincer lui! Côté discrétion, c'est raté, mais on peut toujours rattraper le coup en menaçant de publier des photos hot d'Angela...(Angela avec François; Angela avec Donald; Angela avec Vladimir...)

  • Sept le 04.05.2017 06:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    00

    Services secrets suisse à mourir de rire, ils auraient mieux fait d'envoyer des employés de banques que ces sociétés envoyaient dans toute l'Europe vendre des produits financiers pour l'évasion fiscale, ils étaient au moins rompus au travail sous discrétion.

    • Bond, mon nom est Bond, James Bond le 04.05.2017 09:32 Report dénoncer ce commentaire

      @Sept

      De toute façon, il se serait fait prendre tôt ou tard, car les suisses sont incapables de rester discrets à l'étranger...

  • doudou le 04.05.2017 06:45 Report dénoncer ce commentaire

    Voleur

    Et recèle de bien volés, a non, c'est lAllemagne donc cela ne compte pas.

  • Loustique le 04.05.2017 06:21 Report dénoncer ce commentaire

    Espions pour multinationales

    Pourquoi la Suisse, siège de l'ONU en Europe, n'envoie elle pas des espions dans les nombreuses multinationales implantées en Suisse, pour voir si elles respectent les droits humains et environnementales dans les pays où elles font du commerce ?