Suisse

29 novembre 2019 16:39; Act: 29.11.2019 16:56 Print

L'aide fédérale à la petite enfance ne fait pas l'unanimité

Le financement incitatif prévu pour promouvoir l'égalité des chances à l'âge préscolaire n'est pas au goût de tous.

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Selon les Vert'libéraux, des enfants subissent un retard dans leur développement en raison des conditions régnant dans leur famille. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

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L'UDC voit dans ce projet d'aide fédérale à la petite enfance une étatisation de l'enfance tandis que le PS souhaite davantage de fonds pour soutenir la formation et l'accueil de la petite enfance.

Le projet vise à mettre en oeuvre une initiative de Matthias Aebischer (PS/BE). Le texte demande que les enfants puissent bénéficier dès la naissance de la loi sur l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse.

La commission de l'éducation du Conseil national a mis le projet en consultation jusqu'à vendredi. Elle avait failli jeter l'éponge, mais le premier bilan positif tiré par le Conseil fédéral sur l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse au niveau fédéral l'a incitée à remettre l'ouvrage sur le métier.

L'initiative parlementaire propose que la Confédération octroie au plus 100'000 francs par an et par canton durant trois ans. Chaque année, quatre cantons pourraient bénéficier d'un contrat unique de trois ans. Au total, l'aide financière devrait s'étaler sur dix ans. Le crédit d'engagement s'élèverait à 8,45 millions de francs.

«Problème structurel»

Kibesuisse, la Fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant, soutient le but de l'initiative. Mais lier le projet à l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse au niveau fédéral montre selon elle son problème structurel. La politique suisse de la formation s'applique à partir de l'âge de l'école enfantine, même si de nombreuses études soulignent l'importance de l'encouragement précoce.

Il faudrait aussi abandonner l'idée d'octroyer de l'argent à quatre cantons seulement, ce qui n'est pas favorable à une harmonisation nationale. Il est capital de coordonner au niveau fédéral la mise en oeuvre de cette initiative parlementaire sur la formation, l'accueil et l'éducation de la petite enfance (FAE-EP).

Les offres doivent être d'accès facile et abordables financièrement. Elles ne doivent pas dépendre de frontières communales ou cantonales. Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra atteindre entièrement l'égalité des chances pour les enfants.

«Étatisation de l'enfance»

L'UDC refuse l'implication accrue de la Confédération dans la formation, l'accueil et l'éducation de la petite enfance. Cela reviendrait à étatiser l'enfance, critique le parti. Les offres demandées existent déjà toutes, mais elles sont volontaires et utilisées de manière très disparate.

Les grands déficits se remarquent surtout chez les enfants d'étrangers mal intégrés ou pas enclins à s'intégrer. On pourrait presque croire, écrit l'UDC, que les expéditeurs de gauche de cette initiative parlementaire veulent corriger par son biais les ratages de la politique d'immigration. Les quatre premières années d'un enfant appartiennent à la famille, estime le parti.

Le PS veut davantage de fonds

Pour le PS, l'importance d'un encouragement précoce va de soi, car souvent les jalons pour l'avenir sont posés avant l'école enfantine déjà. Les enfants doivent avoir un accès facile, indépendamment de leur lieu de domicile, à toutes les offres de qualité dont ils ont besoin.

Le programme incitatif va harmoniser l'offre encourageant la formation de la petite enfance, estime le PS. Le parti demande même si des organisations non gouvernementales actives dans toute la Suisse ne devraient pas elles aussi bénéficier d'une aide. Le PS demande donc d'augmenter la participation prévue de la Confédération à 150'000 francs au lieu de 100'000.

Le PDC soutient également le projet. Chaque enfant a droit à un accompagnement individuel et encourageant ses capacités, écrit le parti. Le financement incitatif limité dans le temps soutient les cantons dans le développement d'offres correspondant à la demande et renforce la coordination entre les acteurs privés et étatiques.

Quant aux Vert'libéraux, ils saluent la volonté d'ancrer davantage l'encouragement de la petite enfance dans la politique. À leurs yeux, il est inadmissible que des enfants subissent un retard dans leur développement en raison des conditions régnant dans leur famille ou à l'extérieur de celle-ci et qu'ils en pâtissent toute leur vie.

Le PLR n'a pas fait connaître sa position.

(nxp/ats)