Suisse

22 octobre 2019 11:43; Act: 22.10.2019 12:33 Print

L'aide sociale en léger recul en 2018

Le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale a baissé de 1,1%. Une première depuis 2009.

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La diminution des dossiers est particulièrement significative à Lausanne, Lucerne et Bienne. (Photo: Keystone/Image d'illustration)

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Pour la première fois en dix ans, l'aide sociale recule en Suisse. L'an dernier, on a constaté une baisse du nombre de bénéficiaires de 1,1% en moyenne par rapport à 2017 dans les quatorze villes étudiées. Bienne reste en tête, mais enregistre aussi une baisse.

Dans huit villes, le taux est resté stable, et dans six, il a baissé. C'est ce qui ressort de l'analyse de l'aide sociale pour les quatorze villes impliquées dans l'étude de l'Initiative des villes pour la politique sociale, présentée mardi à Berne. Le taux reste le plus élevé à Bienne (11%). Suivent Lausanne (7,8%) et Bâle (6,6%). À l'autre bout du spectre se situent Uster et Zoug (1,7%).

Sur la base de chiffres de l'Office fédéral de la statistique, les indicateurs élaborés par la Haute École spécialisée bernoise et l'Initiative des villes documentent l'évolution dans les quatorze villes qui abritent 26% des bénéficiaires en Suisse: Zurich, Bâle, Lausanne, Berne, Winterthour (ZH), Lucerne, Saint-Gall, Bienne (BE), Schaffhouse, Coire, Uster (ZH), Zoug, Wädenswil (ZH) et Schlieren (ZH).

En recul

Après le fléchissement déjà constaté en 2017, ce retour à la baisse est une première depuis 2009. La diminution des dossiers est particulièrement significative à Lausanne, Lucerne et Bienne (-9,1, -4 et -3,9%), soulignent les auteurs de l'étude.

Les raisons de cette baisse sont variées et dépendent des villes: amélioration du contexte sur le marché du travail, diminution du nombre de personnes soutenues à la suite de réorganisations des services sociaux, arrivée de ménages à faible risque de dépendre de l'aide sociale.

À Lausanne, où la baisse est très marquée, «la politique du Canton de Vaud a contribué ces dernières années à décharger durablement l'aide sociale», constate l'étude. Et de citer l'introduction de prestations complémentaires pour familles et d'une rente transitoire pour les personnes proches de l'âge de la retraite, ainsi que le transfert des dossiers concernant les 18-25 ans en formation au service cantonal des bourses.

Plus de 46 ans

Autre tendance à long terme, toutes les villes comparées constatent, au cours des dix dernières années, une hausse sensible de 3,3 à 4,8% du taux d'aide sociale chez les personnes âgées entre 56 et 64 ans. Le mouvement est aussi perceptible dans la catégorie d'âge entre 46 et 55 ans, où le taux d'aide sociale est passé de 4,9 à 5,7% durant la même période.

Ces catégories d'âge cumulent plusieurs problématiques, explique l'étude: formation professionnelle inexistante ou mal adaptée, accès plus difficile au marché du travail, santé fragile. De plus, l'assurance chômage et l'assurance invalidité n'offrent plus un filet de sécurité sociale absolu.

Le Conseil fédéral a empoigné le problème des chômeurs âgés arrivés en fin de droits, se félicite encore l'Initiative des villes. La rente-pont dès l'âge de 60 ans qu'il a proposée est un petit pas essentiel pour combler une lacune dans le système. Mais cela ne suffira pas pour décharger l'aide sociale, prévient-elle.

(nxp/ats)