Berne

14 juillet 2014 10:55; Act: 14.07.2014 11:36 Print

L'ambassade US soupçonnée d'espionnage

Un système d'antennes serait installé sur le bâtiment de l'ambassade américaine à Berne. Il servirait à écouter des conversations de téléphones portables.

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En 2013, le «Spiegel» écrivait que l'ambassade américaine à Berlin était un nid d'espions. Le téléphone portable d'Angela Merkel aurait été mis sous écoute par un centre baptisé Special Collection Service (SCS), sous la responsabilité conjointe de la NSA et de la CIA. Selon l'hebdomadaire allemand, le SCS aurait équipé l'ambassade américaine à Berlin avec un matériel ultrasophistiqué, permettant toutes les interceptions téléphoniques. Une unité du SCS serait également basée dans les locaux de la mission américaine à l'ONU, à Genève (encadré).

Un an après, c'est au tour de l'ambassade américaine à Berne d'être soupçonnée d'espionner des natels suisses. Elle posséderait plusieurs antennes puissantes, installées sur le toit de son bâtiment, écrit dimanche la «Schweiz am Sonntag» en citant une source affirmant bien connaître le milieu. L'installation américaine permettrait d'identifier le numéro IMSI (international mobile subscriber identity) des téléphones portables environnants. Ce numéro à 15 chiffres permet d'identifier universellement la carte SIM de chaque natel et par conséquent son emplacement.

L'ambassade se trouve en effet à proximité de nombreuses institutions politiques: le Palais fédéral, le Ministère public de la Confédération, la Banque nationale suisse ou encore l'hôtel de luxe Bellevue dans lequel de nombreux repas d'affaires sont organisés.

«Pas de spéculations»

Contacté par le journal dominical, l'Office fédéral de la communication pense qu'il est possible que des antennes aient été installées sur l'ambassade américaine. «Il se pourrait qu'un tel dispositif existe pour communiquer avec d'autres ambassades ainsi que les Etats-Unis», affirme le porte-parole Rolf Lobsiger. Celui-ci précise néanmoins que les ambassades ne sont pas tenues de signaler d'éventuelles antennes. «Une douzaine de pays l'ont fait de manière volontaire. Les Etats-Unis n'en font pas partie. Ce n'est pas notre rôle de faire des spéculations sur d'éventuelles écoutes.» De son côté, l'ambassade américaine se contente de dire qu'elle possède des installations standards et qu'elles servent à faciliter les communications avec les Etats-Unis. Elles correspondraient aux lois en vigueur en Suisse ainsi qu'aux normes de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Un an avant le scandale allemand, soit en 2012, les membres du Gouvernement suisse avaient été priés de déposer leur téléphone portable avant chaque séance. Le gouvernement avait alors déjà peur d'être mis sur écoute, rappelle la «Schweiz am Sonntag». De son côté, la délégation des commissions de gestion avait également interdit l'utilisation du natel pendant ses séances, confirme son président Paul Niederberger. En mars 2013, les commissions de gestion avaient par ailleurs demandé au Conseil fédéral de «créer un système de communication simple, rapide et sûr». Cette recommandation a d'ores et déjà été concrétisée, confirme Ursula Eggenberger, directrice du service de communication de la chancellerie fédérale, sans donner davantage d'informations. Plusieurs sources internes affirment que les sept Sages disposent de téléphones portables qui ne peuvent pas être mis sur écoute.


(ann/ofu)