Débat sur le nucléaire

27 mars 2011 11:35; Act: 27.03.2011 11:40 Print

L'atome n'est pas totalement abandonné

Alors que la centrale de Fukushima émet toujours une très forte radioactivité, la question du nucléaire a continué ce week-end à alimenter les discussions politiques suisses.

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«L'important est de discuter des risques avec la plus grande transparence», a déclaré dimanche le ministre libéral-radical de l'économie Johann Schneider-Ammann. (Photo: Keystone)

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Moins pressé que leurs partis par la perspective des élections, les conseillers fédéraux bourgeois n'ont pas encore totalement abandonné l'atome.

«Je ne suis pas encore arrivé à la conclusion que nous devrions renoncer à la technologie nucléaire mais je la considère avec des yeux différents», a déclaré le ministre libéral-radical de l'économie Johann Schneider-Ammann. Mais penser que l'on peut prévenir tous les dangers est définitivement faux, a-t-il souligné.

«L'important maintenant est de discuter des risques avec la plus grande transparence pour ensuite prendre les décisions nécessaires», a dit le Bernois dans un entretien publié par le «Südostschweiz am Sonntag».

Une position qui rejoint celle de Doris Leuthard. Samedi dans les colonnes du «Temps», la ministre PDC de l'énergie et de l'environnement a reconnu qu'on se pose aujourd'hui des questions qu'on ne se posait pas avant. «Nous devons leur apporter des réponses précises, qui reposent sur des faits et non sur des émotions».

La conseillère fédérale a prévenu que de toute façon l'énergie coûtera plus cher, que l'on maintienne une option nucléaire ou que l'on investisse dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie. «Ce qui prime pour moi, ce n'est pas le coût, mais la sécurité», a souligné Doris Leuthard.

Trois scénarios

Mercredi, le Conseil fédéral a décidé d'examiner trois scénarios sur la politique énergétique de la Suisse. Un seul prévoit le maintien du nucléaire avec un éventuel remplacement plus rapide des trois centrales atomiques les plus anciennes. Les deux autres sont axés sur le non-remplacement des centrales existantes à la fin de leur période d'exploitation ou sur un arrêt anticipé.

Doris Leuthard a néanmoins admis qu'à l'heure actuelle, il serait «assurément difficile» de faire accepter une nouvelle centrale nucléaire par la population. «Mais nous ne pouvons pas simplement dire que nous voulons abandonner le nucléaire. Nous devons en analyser les conséquences pour l'approvisionnement du pays». Et dans ce sens, ce sera difficile avec les énergies renouvelables.

Pressions électorales

A sept mois des élections fédérales, les partis de droite sont davantage soumis à la pression. Le PLR avait déjà indiqué quelques jours après le début de la catastrophe japonaise qu'il faudra désormais compter sans l'atome. Samedi, lors de l'assemblée du PDC, le président du parti Christophe Darbellay a estimé que la question n'est plus de savoir si on va sortir du nucléaire, mais quand et comment.

A l'UDC, les positions en faveur du nucléaire semblent plus fermes. Le conseiller fédéral Ueli Maurer a dénoncé vendredi dans les colonnes du «Bund» et du «Tages-Anzeiger» «l'hystérie atomique» et rappelé que la Suisse ne peut pas à court et moyen terme se passer du nucléaire.

Samedi, lors de l'assemblée des délégués de l'UDC à Lugano, le sujet n'a même pas été abordé. Mais l'a été chez les Démocrates Suisses qui ont adopté une résolution visant une sortie part étapes de l'atome.

PS pour une sortie immédiate

A gauche en revanche, on refuse d'attendre. Réunis en congrès à Zurich, les socialistes ont exigé un plan pour l'arrêt des cinq réacteurs atomiques suisses et l'interdiction de construire toute nouvelle centrale. Le président du parti, Christian Levrat, a d'ailleurs vertement critiqué Doris Leuthard.

Le PS est soutenu dans sa démarche par sa conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui a, lors de son intervention, clairement soutenu la sortie du nucléaire. Micheline Calmy-Rey ne s'est pour sa part prononcée qu'à demi-mot contre cette source d'énergie. «Nous devons changer notre mentalité» et «nous avons la technologie, le savoir et les moyens financiers pour surmonter des défis globaux», a- t-elle déclaré.

(ats)