Les Suisses et les armes

03 avril 2019 08:22; Act: 03.04.2019 09:15 Print

«L'augmentation est massive dans tout le pays»

A l’approche de la votation fédérale qui vise un durcissement législatif, l'attachement aux armes se vit au grand jour en Suisse.

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Notre pays est au 16e rang pour le nombre d'armes par habitant. (Photo: Keystone)

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La Suisse continue d'afficher une certaine passion pour les armes, loin des débats suscités par les récents massacres aux Etats-Unis ou en Nouvelle-Zélande.

Alors que Wellington s'apprête à interdire les fusils d'assaut, à la suite du carnage des mosquées de Christchurch, une réforme approuvée jusque dans les rangs des propriétaires d'armes, rien de tel en Suisse où les fusillades, très rares, n'ont pas vraiment fait évoluer le débat sur le contrôle des armes. L'intérêt pour les calibres de toutes sortes a même connu un certain regain ces dernières années.

Durcissement législatif

Cependant, un référendum découlant de nouvelles mesures antiterroristes de l'UE vise à durcir en Suisse les conditions d'acquisition et de détention de certaines armes. Les semi-automatiques munies d'un chargeur de grande capacité sont notamment concernées. Le peuple doit se prononcer sur ce point le 19 mai prochain.

Les autorités disent que la loi «préservera la tradition suisse du tir», mais les amateurs d'armes et l'UDC, parti de droite populiste qui recueille le plus de suffrages dans le pays, dénoncent un «diktat de l'UE». Le gouvernement a averti: ne pas reprendre la législation européenne mettra «automatiquement fin à la participation suisse à l'espace Schengen et Dublin», «à moins que tous les Etats de l'UE et la Commission européenne acceptent de fermer les yeux».

Augmentation massive dans tout le pays

Le scrutin semble avoir un impact sur les personnes désirant acquérir une arme. «Jusqu'en 2006, environ 500 permis étaient distribués chaque année» dans le canton de Lucerne mais cette année «nous avons dépassé les 2000», explique ainsi le chef du bureau des armes de la police lucernoise, Josef Rust, installé fin mars avec son équipe pour les trois jours de la «45e Bourse internationale aux armes de Lucerne», l'une des plus grandes du pays.

«L'augmentation est massive dans toute la Suisse», souligne-t-il, ajoutant: «nous avons aussi des demandes de personnes très âgées qui veulent se protéger. Elles invoquent l'immigration, la menace terroriste et l'augmentation de la criminalité».

Son stand délivre des permis d'acquisition à ceux qui présentent un casier judiciaire vide et leur carte d'identité, lors de cet événement qui attire chaque printemps quelque 10'000 passionnés.

Féminisation de la clientèle

En l'absence de registre fédéral, il est difficile de savoir combien d'armes circulent en Suisse. En outre, une personne peut demander plusieurs permis qui, chacun, permet d'acquérir trois armes.

Barbara Kottler, tireuse sportive de 56 ans qui déambule entre les stands de la foire, ne s'inquiète pas de ces règles libérales.

«Les tireurs sportifs sont des gens très pacifiques», dit-elle. «Ceux qui font des problèmes, ce sont d'autres personnes, qui acquièrent les armes illégalement». Un total de 38'000 permis d'acquisitions ont été délivrés en 2017, contre 25'000 en 2013, selon un récent décompte établi par le journal «NZZ».

«Il y a cinq ans, nous proposions des cours de tir une à deux fois par mois, aujourd'hui toutes les semaines», en partie grâce à la féminisation de la clientèle, témoigne de son côté Jean-Paul Schild, vendeur d'armes en Argovie.

Selon le centre de recherches genevois Small Arms Survey, il y avait en 2017 plus de 2,3 millions d'armes entre les mains de civils, soit près de trois pour 10 habitants, ce qui classe la Suisse (8,5 millions d'habitants) au 16e rang pour le nombre d'armes par habitant.

Tradition devenue hobby

La passion pour les fusils et pistolets commence très jeune, comme lors de la fête du Knabenschiessen à Zurich, qui voit chaque année converger pendant un week-end des milliers de jeunes de 12 à 16 ans pour se mesurer au tir à la cible.

Fin 2015, le Conseil fédéral a même abaissé de 17 à 15 ans l'âge auquel les adolescents peuvent participer à un cours, sans que cela suscite de malaise au sein de la population.

Markus Thommen, collectionneur d'armes zurichois de 61 ans, explique que son «premier contact» avec un fusil fut avec son père, qu'il aidait à «nettoyer» son arme. Les Suisses savent que les armes «ne sont pas faites pour attaquer, mais pour défendre le pays», dit-il.

Fête fédérale de tir, compétitions populaires, cours de tirs sportifs... les occasions sont nombreuses pour s'exercer. L'offre s'accroît, comme à Genève, où vient de s'ouvrir le stand de tir souterrain le plus grand du pays.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Djaydjay le 03.04.2019 08:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    diktat et menaces

    Allons nous accepter ou non que l'Europe nous dicte notre manière d'agir dans le futur ? Établisse les lois à notre place ? Sous couvert de certains accès ? Voici ce qu'on va voter le 19 mai car au delà des armes ensuite ce sera les impôts, puis tout autre avantage que nous avons voilà ce qu'ils cherchent, c'est niveler par le bas... Et je termine par le fait que malgré le % le plus élevé de possesion par habitant on a aussi un des taux les plus faible de mort par armes à feux...

  • Kdo le 03.04.2019 08:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop a la dictature européenne

    J'ai eu ma première arme en main à 6ans, On m'a confier une arme automatique à 14ans... Nombre d'accidents zéro! C'est dans nos traditions de posséder des armes, que se sois pour le folklore, le divertissement ou la défense etc. L'augmentation du nombre de permis délivrés intervient sûrement à cause de la votation anti suisse le 19 mai. Espérons que un Maximum de personnes se mobilisent contre la loi européenne imposée au suisses!

  • DC28 le 03.04.2019 09:03 Report dénoncer ce commentaire

    Votez non

    Si la loi passe, je peux vous assurer que même le simple tireur a la carabine 10m, devra demander un permis pour utiliser son arme, parce que si la loi et voté, elle entrera en vigueur en 2022 sur les fusils d'assaut type fass57 et 90 et en 2027, sur les carabines sportif 300m, 50m, 10m, je peux pas comprendre qu'ont tapent sur des honnêtes citoyens qui respect les lois au lieux de renforcer les contrôles au frontière pour évité que des armes illégale passent chaque jour, parce que, un terroriste va utiliser une armes illégale pour commettre un attentat, pas avec des armes légales.

Les derniers commentaires

  • D. Raule le 03.04.2019 21:57 Report dénoncer ce commentaire

    Solution

    Les voitures tuent plus que les armes assurent plusieurs personnes défendant les armes. Alors il est plus efficace d'acheter des voitures que des armes. Il est difficile de comprendre la situation. Les voitures de l'eu sont les meilleures.

    • MDR le 04.04.2019 01:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @D. Raule

      Oh put... on dirait du Freyzinger.

  • Âne Rhylle le 03.04.2019 18:58 Report dénoncer ce commentaire

    Permis

    L'achat d'arme est justifié vu que c'est de la faute à l'eu, vu les terroristes (travail de la police), vu l'udc ( étroit couloir des idées: 3 sujets l'eu, les migrants et les armes), vu que l'âge mature pour défendre le port d'armes est entre 10ans et 15 ans, vu que l'on voudrait vivre dans un jeu vidéo la réalité.

  • Laurent le 03.04.2019 18:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aucun sens

    C'est tout de même fou: aucun journaliste n'a simplement demandé à un élu « comment » cette directive allait lutter contre le terrorisme. La presse se contente de rabâcher le message du CF. Il n'y a aucune réponse à cette question, parce que cette directive ne touche pas les armes illégales. Si l'EU se préoccupait du terrorisme, ils ne menaceraient pas la suisse de les sortir de Schengen. Ça ne fait aucun sens sécuritaire. Acceptez ça et ce sera quoi ensuite ? Ce pays est gentiment mis à genoux par nos élus qui se prosternent devant cette dictature et tous ses désirs. Scandaleux.

  • Mat_Mo le 03.04.2019 16:55 Report dénoncer ce commentaire

    Cheval de Troie

    La votation du 19 mai sur la reprise des directives de l'UE sur les armes en Suisse est un cheval de Troie. En l'acceptant, nous nous enchainerons encore davantage à accepter toutes les futures impositions des règles de l'UE, sous la menace de rompre les accords de Schengen. Aujourd'hui cela concerne les armes, demain ce sera sur une augmentation du milliard de cohésion, du nombre de migrants ou tout autre mesure que l'UE jugera bonne pour elle, et donc qui ne le sera pas pour la Suisse. Et à chaque fois, la menace de rompre les accords de Schengen nous fera plier. NON. Point.

    • Gum le 04.04.2019 21:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mat_Mo

      non pas point

    • Gum le 04.04.2019 21:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mat_Mo

      non pas point

  • blin le 03.04.2019 16:24 Report dénoncer ce commentaire

    pauvre pays

    quand on voit la justice bisounours rien d'étonnant et les prisons remplis a 70 pour cent d'étranger