Bellinzone

26 avril 2019 14:43; Act: 26.04.2019 15:22 Print

L'avenir des Ateliers CFF passe par les urnes

Déposée il y a onze ans l'initiative populaire «Giù le mani dalle officine» («Pas touche aux ateliers») va finalement passer en votation le 19 mai prochain.

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L'initiative vise à sauver 400 emplois aux ateliers CFF de Bellinzone. (Photo: Keystone)

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Munie de 14'768 signatures, l'initiative populaire «Giù le mani dalle officine» («Pas touche aux ateliers (CFF)») avait été bloquée en 2010 pour être relancée en 2016. Le 20 février dernier, le Grand Conseil tessinois s'est prononcé contre l'initiative. Celle-ci demande la hausse de la production, de la manutention, de la recherche et du développement au sein des Ateliers CFF de Bellinzone. Elle va finalement passer en votation le 19 mai prochain.

L'initiative avait été lancée par l'Association «Giù le mani dalle Officine» le 31 mars 2008 durant la grève des ouvriers des ateliers de manutention CFF de Bellinzone, ateliers menacés de restructuration. Elle demande notamment la création d'un pôle technologique-industriel qui continue à assurer les activités effectuées aux ateliers CFF de Bellinzone.

«Il s'agit principalement de sauver les 400 emplois en place aux ateliers CFF de Bellinzone», explique Matteo Pronzini, député du MPS («Movimento per il socialismo») au Grand Conseil tessinois et l'un des promoteurs de l'initiative. «Celle-ci prévoit en outre de développer les activités effectuées aux ateliers, d'en créer de nouvelles et de mettre au point de la recherche dans le domaine de la gestion et de la manutention».

Proposition alternative

L'initiative se veut l'unique alternative au projet des CFF d'un nouvel établissement à Castione dans la banlieue du chef-lieu tessinois. Devisé à 360 millions de francs dont 120 assurés par le canton du Tessin et la ville de Bellinzone, le nouveau centre occuperait 200 à 230 collaborateurs des 400 actuellement employés aux ateliers CFF.

«L'initiative est controversée dans les milieux économiques et au Parti socialiste», précise Matteo Pronzini, «mais elle a de fortes chances d'être acceptée en votation car les 'Officine' sont particulièrement aimées des Tessinois».

Construits entre 1886 et 1890, quelques années après l'inauguration de la ligne ferroviaire du Gothard, les Ateliers CFF de Bellinzone occupaient déjà près de 500 personnes à la fin du 19e siècle. La fabrique comptait alors la plus grande main-d'oeuvre masculine de tout le canton. En fait, un tiers de tous les employés du secteur de la métallurgie et de l'industrie de l'époque y travaillait.

Durant tout le 20e siècle, les ateliers ont donné le ton de la lutte sociale et syndicale au travers de grèves et manifestations anti-fascistes.

(nxp/ats)