Salaires

21 juin 2011 16:32; Act: 21.06.2011 16:50 Print

L'écart se creuse entre Genevois et frontaliers

L'écart se creuse entre les salaires des Genevois et ceux des frontaliers. D'après le syndicat Unia, la différence est passé de 10,7% en 2000 à 16,3% en 2008.

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La frontière entre Genève et la France.

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L'écart salarial entre employés genevois et frontaliers s'est creusé de 2000 à 2008, selon le syndicat Unia qui se base sur des chiffres de l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT). Alors que le salaire médian des frontaliers était inférieur de 10,7% à celui des Genevois en 2000, cet écart est passé à 16,3% en 2008.

«La pression sur les salaires est particulièrement virulente dans les cantons frontaliers, à l'instar du canton de Genève. La libre circulation des personnes a permis aux entreprises d'étendre leur bassin de recrutement et accroître la mise en concurrence des travailleurs», a indiqué mardi Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d'Unia Genève, devant la presse à Berne.

Selon les chiffres relayés par Unia, le salaire médian des Genevois a augmenté de 18% en huit ans, alors que celui des frontaliers n'a fait que suivre la courbe du renchérissement. Parallèlement, les bas salaires, qui concernaient en 2000 à Genève 15,1% des travailleurs, étaient attribués à 18,2% d'entre eux en 2008.

Rempart contre la division xénophobe

Les 10% des frontaliers les moins bien payés ont même obtenu un salaire plus bas en termes réels en 2008 qu'en 2000, selon Unia. Le syndicat parle d'un «appauvrissement relatif» des frontaliers durant cette période. L'effet est particulièrement marqué dans les secteurs où ils sont employés en nombre en tant qu'intérimaires, comme la chimie (-18,5% de salaire), l'enseignement privé (-11%), l'informatique (-8%) et le commerce de gros (-8%).

La plupart des frontaliers «arrivés sur le marché du travail genevois entre 2000 et 20008 occupent des emplois plutôt moins bien rémunérés en comparaison de l'évolution constatée pour les autres salariés», observe M. Pelizzari.

«Pour notre mouvement syndical, qui milite pour le principe du 'à travail égal, salaire égal', il convient de constater que les mesures d'accompagnement doivent impérativement être renforcées, notamment en termes de protection des salaires. De ce point de vue, le salaire minimum légal est aussi le meilleur rempart contre toute tentative xénophobe de division des travailleurs», souligne M. Pelizzari.

(ats)