Suisse

27 mai 2019 11:28; Act: 27.05.2019 11:32 Print

L'identité électronique par des privés? Non merci!

Un sondage montre qu'une majorité écrasante souhaite que l'Etat soit seul compétent pour délivrer l'identité électronique, jugé plus sûr pour la protection des données.

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Les Suisse plébiscitent une identité électronique, pour autant qu'elle soit gérée par l'Etat. (Photo: Keystone)

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Des fournisseurs privés doivent pouvoir délivrer la nouvelle identité électronique des citoyens suisses, selon le voeu du Conseil national. Ce projet est toutefois très mal accueilli par la population: un sondage montre que seuls 2% soutiennent cette solution.

La majorité écrasante (87%) des sondés souhaite que l'Etat soit compétent pour délivrer l'identité électronique (E-ID). Tel est le résultat d'une enquête présentée lundi par une alliance de différentes organisations, dont la Fédération romande des consommateurs (FRC) et ses homologues alémanique et tessinoise ainsi que la Société numérique.

La solution étatique est particulièrement prisée par la «génération smartphone»: 90% des personnes interrogées, âgées de 18 à 34 ans, estiment que c'est à la Confédération de fournir l'E-ID. Trois quarts des sondés font davantage confiance à l'Etat qu'à des entreprises privées lorsqu'il s'agit de la protection des données.

L'enquête montre aussi que la demande pour une E-ID est bien là: 43% se disent prêts à en faire la commande dans les trois prochaines années. 39% n'en voient pas la nécessité pour l'heure. Les domaines d'application les plus souvent cités sont la cyberadministration et les droits politiques, suivis de l'e-banking et des achats en ligne.

Au Conseil des Etats

L'alliance voit ses critiques confirmées par le sondage. La sécurité de l'identité a toujours été une tâche centrale de l'Etat, souligne-t-elle. Si le concept approuvé par le Conseil national reçoit l'aval du Conseil des Etats, la Confédération ne fournira pas d'E-ID. Des entreprises comme UBS, Crédit Suisse, la Poste, les CFF et Swisscom se verraient accorder de grandes libertés dans le stockage et l'utilisation de données privées.

Le Conseil des Etats discutera de la loi sur l'E-ID pendant la session d'été. Il est prévu que l'Etat et des fournisseurs privés se partagent les tâches. La Confédération vérifiera et confirmera l'identité d'une personne. Les fournisseurs privés eux développeront et proposeront les supports technologiques nécessaires, comme les téléphones intelligents ou les cartes bancaires.

Au Conseil national, ce concept auquel s'est rallié le Conseil fédéral a reçu beaucoup d'appui. La commission des affaires juridiques de la Chambre des cantons est plus sceptique: elle n'a décidé que de justesse de ne pas renvoyer la copie au gouvernement. Les résultats du sondage laissent penser que la solution adoptée n'est que peu viable. Ses adversaires ont déjà brandi la menace d'un référendum.

Le sondage représentatif a été réalisé par l'institut Demoscope, qui a interrogé 973 personnes ayant le droit de voter. Le mandataire est la société PublicBeta, qui fait, comme la plateforme en ligne WeCollect, partie de l'alliance opposée au projet.

(nxp/ats)