Bahreïn

20 mars 2011 14:03; Act: 20.03.2011 15:48 Print

L'opposition assouplit ses revendications

Les opposants au régime ont lâché du lest au sujet de leurs revendications après la vague de répressions dont ils ont été victimes.

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Les principaux mouvements d'opposition à Bahreïn ont assoupli leurs conditions pour un dialogue avec les autorités du royaume. Les manifestations conduites en faveur de changements politiques et sociaux avaient été fortement réprimées.

Emmenés par le Wefaq, principale force chiite du pays, ces mouvements d'opposition réclament désormais la libération de tous les prisonniers arrêtés depuis mercredi, la fin de la répression engagée ce même jour et le départ des troupes envoyées lundi par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis en soutien à la famille régnante sunnite.

«Favorisez l'instauration d'un climat sain pour permettre d'engager un dialogue politique entre l'opposition et le gouvernement susceptible de placer notre pays sur la voie d'une véritable démocratie l'éloignant de l'abîme», écrivent-ils dans un communiqué diffusé samedi soir.

Répression

Le respect de ces exigences ramènerait Bahreïn à la situation dans laquelle il se trouvait avant le début du mouvement de contestation en février.

Les mouvements d'opposition formulaient jusqu'à présent des exigences plus ambitieuses, notamment la formation d'un gouvernement qui ne soit pas dominé par des membres de la famille royale et l'élection d'une commission chargée d'amender la Constitution du pays.

Des manifestants issus essentiellement de la majorité chiite du pays ont protesté pendant des semaines à Bahreïn en faveur de réformes politiques.

Les autorités bahreïnies ont décrété l'état d'urgence mardi puis elles ont lancé le lendemain leurs forces de sécurité contre les manifestants rassemblés sur la place de la Perle, à Manama, épicentre de la contestation. Quatre manifestants ont été tué.

Militaires et policiers ont été déployés dans tout le pays. Un couvre-feu a été imposé et les rassemblements ont été interdits.

Nouvelle manifestation

Les autorités de Bahreïn ont tenté de donner le sentiment d'un retour au cours normal des choses ce dimanche après une semaine de vives tensions. Certains centres commerciaux ont rouvert et le nombre de barrages a été allégé dans les rues, même si des hélicoptères continuaient à survoler la capitale.

L'enterrement ce dimanche de Khalil Radhi, l'un des quatre manifestants décédés cette semaine, a toutefois été la source de nouvelles tensions. Plus de 2.000 personnes ont manifesté à Sitra, le village chiite dont il était originaire, et réclamé la chute du régime en même temps qu'elles lui rendaient un dernier hommage.

(afp)