Suisse

09 février 2019 13:54; Act: 10.02.2019 16:43 Print

La Jeunesse socialiste dit oui à la lutte pour le climat

Les jeunes socialistes étaient en congrès, samedi et dimanche. Le travail du «care», le climat ou encore les prochaines votations ont occupé les débats.

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Dans une résolution adoptée dimanche, la JS exprime sa solidarité envers le mouvement de la grève pour le climat. (Photo: Keystone)

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Réunie ce week-end à Berne-Bümpliz, la Jeunesse socialiste suisse (JS) s'est préoccupée du travail non rémunéré et a apporté son soutien à la grève pour le climat. Tout en respectant l'indépendance de ce mouvement, elle veut apporter sa contribution au combat.

Dans une résolution adoptée dimanche, la JS exprime sa solidarité envers le mouvement de la grève pour le climat. En complément aux deux exigences principales de celui-ci, soit décréter l'état d'urgence climatique national et ne plus émettre de gaz à effet de serre dès 2030, la JS formule plusieurs revendications.

Elle exige une interdiction des vols de courte distance, à l'exception des urgences médicales, et un développement massif du réseau des trains de nuit. De plus, la place financière suisse doit se retirer de toute société liée aux énergies fossiles d'ici 2030 et, dès cette date, de telles énergies doivent être interdites, a indiqué la JS dimanche dans un communiqué.

Comme pierre à l'édifice, la JS veut aussi organiser diverses manifestations sous la forme de podiums de discussions ou d'ateliers de formation. Afin de bien respecter l'indépendance du mouvement de la grève pour le climat, elle tient cependant à bien distinguer ses propres manifestations.

Travail non rémunéré

Déjà réunis la veille, les quelque 200 délégués de la JS se sont penchés sur le travail non rémunéré. Ils ont constaté qu'il est avant tout exercé par les femmes et que sans elles, le système capitaliste ne pourrait pas survivre.

Par travail non rémunéré, la JS entend en particulier les travaux ménagers, la garde des enfants, les soins aux proches ou l'engagement civique. «Si ce travail, effectué en grande partie par des femmes, devait être payé au taux du marché, notre système économique s'effondrerait», écrit la JS dans un communiqué.

Citant l'économiste féministe Mascha Madörin, la JS affirme que le travail non rémunéré total effectué par des femmes en Suisse représente une valeur monétaire de 242 milliards de francs, soit un tiers du PIB. Dans un papier de position, elle appelle à reconnaître et à rémunérer correctement ce qu'elle appelle le travail du «care», qui permet et assure la qualité de vie humaine.

Elle demande la gratuité des soins de santé, une répartition équitable du travail du «care» et une réduction drastique du temps de travail. Il s'agit de mettre en place un réseau complet et de qualité de services de soins fondé sur et financé par la solidarité. Dans son papier de position, la JS appelle en outre la gauche suisse à placer les femmes au centre de ses luttes politiques.

Mots d'ordre

La JS a également adopté samedi, à l'unanimité moins quelques abstentions, ses mots d'ordre en vue des votations du 19 mai. C'est non au projet fiscal liant imposition des entreprises et financement de l'AVS, et oui à la nouvelle loi sur les armes. Lors de ses assises, la JS a notamment accueilli le nouveau président de l'Union syndicale suisse, le Vaudois Pierres-Yves Maillard, et le président du PS Christian Levrat, de même que des représentants des jeunes socialistes allemands et autrichiens. Le mouvement a par ailleurs renouvelé ses organes dirigeants.

Les délégués ont réélu à la présidence Tamara Funiciello. La Neuchâteloise Pauline Schneider fait son entrée au comité directeur.

(nxp/ats)