Terrorisme

14 novembre 2015 14:53; Act: 14.11.2015 15:53 Print

La Suisse est une cible potentielle des terroristes

Bien que la Suisse ne figure pas en haut de la liste des cibles potentielles, elle en fait bien partie, selon des experts.

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Interrogé samedi par l'ats, Kurt R. Spillmann plaide pour un renforcement de la coopération en matière de sécurité et pour la surveillance électronique. Il est important d'être «techniquement à la hauteur pour filtrer à temps les informations pertinentes et les transmettre aux bonnes personnes», explique le professeur honoraire à l'institut de politique de sécurité (CSS) à l'EPFZ.

L'expert juge vraisemblable que les autorités françaises disposaient «quelque part d'un fragment d'information» sur les attentats en préparation. Mais il a disparu dans la masse des données - ce que les spécialistes appellent «l'effet Pearl Harbor».

«On ne peut pas tout prévoir»

Un avis partagé par Jean-Paul Rouiller, directeur du Centre d«analyse du terrorisme (GCAT), à Genève. Dans des interviews aux radios Rhône FM et RTS, le Valaisan se dit «presque certain» que l'Etat français disposait d'éléments sur l'un ou l'autre des auteurs des attentats. Mais il y a encore du travail entre le moment où l'on détient ces informations et celui où on peut stopper une opération.

Selon lui, «on ne peut pas tout prévoir, c'est ça la leçon» des attaques de vendredi à Paris. «Ces cinq dernières années, les gens contre lesquels se battent les démocraties européennes ont appris à se protéger, à être très précautionneux dans leurs moyens de communiquer», ajoute-t-il.

Renforcer la surveillance, sans exagérer

Dans ce contexte, Kurt R. Spillmann estime que les attaques de vendredi viennent rappeler l'importance d'intensifier la surveillance de personnes potentiellement dangereuses, même si la surveillance électronique a «naturellement un coût». Il juge aussi important de renforcer la législation.

Pour Jean-Paul Rouiller, toutefois, il faut savoir raison garder. Si le directeur du GCAT juge les mesures d'exceptions prises par les autorités françaises «parfaitement légitimes dans le contexte actuel», mais c'est un autre problème si elles s'installent dans la durée, comme l'exige une partie de la droite.

Selon lui, l'émergence d'un terrorisme islamiste dans les pays européens n'est pas uniquement un problème de sécurité, mais est aussi lié à «de réels problèmes sociaux».

Menace potentielle sur la Suisse

A ses yeux, la Suisse, comme toute l'Europe, peut être touchée par des actions de terroristes djihadistes. Mais pas forcément par une action d'une telle ampleur que celle de Paris. Il n'y a pas en Suisse de personnes qui font preuve d'une telle détermination, estime-t-il.

En outre, la Suisse n'est pas au centre du viseur des terroristes. Elle ne s'est jamais mise en évidence dans la lutte contre les djihadistes et l'islamisme, affirme M. Spillmann.

Pour l'expert zurichois, la lutte contre l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak est extrêmement importante. «Les terroristes ont un avantage tant que l'EI a un territoire et qu'il peut se servir d'Etats en faillite, comme la Libye, comme base d'opération. Car il peut utiliser ces zones comme possibilités de repli. Il faut les leur reprendre», explique-t-il au site Tagesanzeiger.ch/Newsnet.

(ats)