Afrique

27 juin 2019 13:16; Act: 28.06.2019 08:14 Print

La Suisse joue son rôle dans la crise au Cameroun

La Suisse a été mandatée par une majorité des parties au Cameroun pour faciliter un processus de négociation inclusif.

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Le groupe djihadiste nigérian Boko Haram est aussi actif dans le nord du Cameroun, provoquant le renforcement des forces d'intervention rapide dans la région. (Photo: AFP)

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La diplomatie suisse oeuvre comme facilitatrice pour une solution face à la crise actuelle dans des régions du Cameroun. Une discussion avec des groupes d'opposition a eu lieu cette semaine en Valais pour préparer des pourparlers de paix avec le gouvernement.

La Suisse «s'emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun», en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) de Genève, a indiqué jeudi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Très discrète, l'institution genevoise de diplomatie privée, qui aurait piloté la rencontre, ne commente quasiment jamais les actions qu'elle encadre.

Processus de négociation

La Suisse a été mandatée par une majorité des parties pour faciliter un processus de négociation inclusif alors que le pays fait face à une crise liée aux violences entre l'armée et certains mouvements séparatistes. Selon l'ONU, celles-ci ont fait plus de 530'000 déplacés en quelques mois.

En Suisse, la réunion préparatoire de mardi à jeudi avec divers groupes d'opposition camerounais était la deuxième du genre. Une première rencontre a eu lieu en mai à Genève, a précisé un porte-parole du DFAE à Keystone-ATS. Pour ne pas compromettre le processus, les autorités suisses ne se prononcent pas sur le contenu des efforts de facilitation en cours.

«Préoccupation»

Selon des indications convergentes relayées par des activistes politiques séparatistes de l'ouest du Cameroun, la rencontre aurait rassemblé des représentants séparatistes des dirigeants Sisiku Ayuk Tabe et Samuel Sako. Mais aussi ceux des mouvements du Conseil national du sud du Cameroun (SCLC), du Congrès du peuple du sud du Cameroun (SCOOP) et de l'Organisation populaire du sud du Cameroun (SCAPO). Une composante du SCLC a refusé de faire le déplacement. Un activiste a mentionné l'«incapacité» du centre HD d'appliquer «des règles équitables».

De son côté, le DFAE assure suivre «avec préoccupation les violences persistantes dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, qui touchent particulièrement la population civile».

Outre le séparatisme, le pays doit également faire face aux attentats. Le 12 juin, le Cameroun a connu à Darak (nord) une des attaques les plus meurtrières de ces derniers mois menées par le groupe djihadiste nigérian Boko Haram. Celle-ci a fait au total 37 victimes, 21 militaires et 16 civils, selon des sources sécuritaires. Bien qu'affaibli, Boko Haram reste très actif dans la région de l'Extrême-nord du Cameroun, frontalière du Nigeria.

Incident à Genève

Pour d'autres raisons encore, les tensions au Cameroun se ressentent jusqu'en Suisse. Une quarantaine d'opposants camerounais ont forcé mardi l'entrée de l'hôtel Intercontinental à Genève où séjourne actuellement le président Paul Biya. La «Tribune de Genève» a fait état d'un «affrontement» entre les manifestants et les membres de la sécurité présidentielle.

Un journaliste de la RTS a affirmé avoir été agressé par les probables gardes du corps du chef de l'Etat camerounais. Il a porté plainte contre ces individus. Une manifestation est prévue samedi à Genève. Des Camerounais exilés dans différents pays européens sont appelés à protester contre la présence du chef de l'Etat, âgé de 86 ans et qui dirige le Cameroun depuis 1982. Les opposants ciblent régulièrement les déplacements du président qui a été observé à plusieurs reprises en Suisse.

(nxp/ats)