C'est officiel

12 décembre 2008 07:34; Act: 12.12.2008 08:09 Print

La Suisse ouvre ses frontières à l'Europe

La Suisse est depuis ce vendredi membre de l'Espace Schengen. Le contrôle des personnes aux frontières n'est désormais plus systématique.

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Postés en sortie de virage dans la forêt de Zurzach, dans le nord de la Suisse près de la frontière allemande, aucun véhicule n'échappe aux gardes-frontières helvétiques, déployés en patrouilles mobiles depuis l'entrée en vigueur vendredi des accords de Schengen.

Sur la route enneigée située à quatre kilomètres de la frontière avec l'Allemagne, les trois gardes-frontières suisses vêtus de leurs nouveaux uniformes «bleu Schengen» arrêtent systématiquement les voitures se présentant au barrage.

Le caporal Heinz Meister, placé au milieu de la route, stoppe les véhicules et, après une brève inspection visuelle, les fait repartir ou leur demande de se ranger sur un parking où attendent ses collègues.

«Nous avons débuté avec les patrouilles mobiles en 2001, mais avons renforcé nos contrôles ces derniers mois afin d'être fin prêts» pour l'entrée dans l'espace Schengen, indique Hans Arzethauser, porte-parole des gardes-frontières.

Déclarer les marchandises

En adhérant à Schengen, la Suisse a aboli les contrôles d'identité à ses quelque 1.888 km de frontières communes avec l'Union européenne, un grand pas pour un pays dont la doctrine demeure la neutralité.

«Nous n'avons plus le droit d'effectuer des contrôles systématiques aux frontières, mais le contrôle de marchandises subsiste», prévient M. Arzethauser, tandis que ses collègues inspectent les papiers d'identité et les permis de conduire d'automobilistes arrêtés.

Si les quelque 8.000 personnes franchissant quotidiennement la frontière dans la région de Zurzach ne subissent plus de contrôles d'identité, ils doivent toujours déclarer leurs marchandises, la Suisse étant très restrictive sur les importations de produits agricoles comme le vin ou la viande, bien moins chers de l'autre côté de la frontière.

L'adhésion à la zone Schengen «est un réel progrès pour notre travail», se réjouit M. Arzethauser, qui travaille depuis 33 ans dans le corps des gardes-frontières.

Le progrès est évident en matière de lutte contre le banditisme, puisque la Suisse a relié sa base de données au système électronique de recherche SIS (système d'information Schengen) de l'UE.

«Avant, la Suisse était considérée comme un îlot» par les criminels, les autorités helvétiques ne pouvant pas accéder aux fichiers des personnes recherchées dans l'espace communautaire, poursuit le porte-parole.

«Ce nouveau système nous apporte un plus en matière de sécurité et nous permet d'identifier des personnes recherchées par la justice, des véhicules ou des objets volés et de rechercher les demandes d'asile», poursuit-il.

La Confédération rejoint en effet par la même occasion le règlement de Dublin qui détermine l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée sur son territoire, évitant ainsi qu'un requérant d'asile présente des demandes simultanées dans plusieurs pays de l'UE.

«Notre activité devient beaucoup plus intéressante, puisque nous pouvons aussi coopérer avec les polices étrangères et sommes plus flexibles dans notre travail», estime l'adjoint Martial Benz entre deux contrôles d'identité.

Isolés par la neutralité

De fait, Schengen a sorti la Suisse de son isolement à laquelle la condamnait son statut de neutralité, les gardes frontières suisses pouvant désormais participer aux missions de Frontex, l'agence européenne chargée de coordonner la surveillance des frontières externes de l'UE.

Schengen pourrait cependant être remis en cause le 8 février par un vote populaire sur l'ouverture du marché du travail aux Roumains et Bulgares, dans le cadre de la reconduction et de l'extension des accords de libre circulation.

En cas de «non», cela poserait «un problème majeur et nous devrions interrompre la présence de la Suisse dans Schengen», a averti Bruxelles.

(afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Nadouze le 12.12.2008 10:19 Report dénoncer ce commentaire

    Pas trop bien...

    J'ai entendu que ça améliorerait le système de sécurité en Suisse à cause de cette base de données dont parle l'article. En même temps, vu la crise, je m'inquiète de l'impact de l'entrée de travailleurs de l'est bien formés et "moins chers" et de mon avenir professionnel en tant que jeune.

  • jt le 12.12.2008 08:42 Report dénoncer ce commentaire

    cela ne va rien changer

    il n'y avait déjà pas de contrôle systématique à la frontière

  • Dan le 12.12.2008 13:45 Report dénoncer ce commentaire

    Mme

    J'espère bien que tous les Suisses voteront NON. Déjà que nous-même ou que nos conjoints(es) étrangers d'époux(ses) suisses ne trouvent pas de boulot avec l'afflux des frontaliers dans certains cantons comme Genève, qu'allons devenir avec l'ouverture des frontières ? Outrée je suis !

Les derniers commentaires

  • Pat le 12.01.2009 12:10 Report dénoncer ce commentaire

    Félicitation de l'UE !!!!

    On s'en tape de ses félicitations!qu'elle balaie déjà les soucis qu'elle a devant sa porte avant de se permettre de nous juger(taux de chomage,Taux de TVA,criminalité) VIVE NOTRE SOUVERAINETE!Dommage que notre gouvernement baisse ses"culottes"devant l'UE (fiscalité)Ce n'est pas ce que veut le peuple

  • Pat le 12.01.2009 12:05 Report dénoncer ce commentaire

    Voter NON le 08.02.2009

    Juste parce qu'il y en a marre ! Diktat Bruxelles, menace Européenne, coût incroyables et notre TVA à 7.6% n'a pas encore augmenté (France 20%, Italie idem etc.) Peuple Suisse réveille-toi, agit pour ton avenir, celui de notre souvraineté, de notre neutralité... 45.6% d'étrangers sont au chômage !

  • thirion denis le 12.12.2008 19:52 Report dénoncer ce commentaire

    quinotit

    contre le crime organisé oui!!! contre les petites canailles Non et Non !!!

  • european@luxembourg le 12.12.2008 16:29 Report dénoncer ce commentaire

    La révolution est en marche.

    hé ben, heureusement que le forum ne représente pas la population Suisse. Certains d'entre vous feraient mieux de regarder le futur; il appartient en tout cas à l'union des peuples car quelque soit le coût, au delà  de l'argent, il y a bien plus important.

  • AsieEnSuisse le 12.12.2008 16:28 Report dénoncer ce commentaire

    un GRAND MERCI!

    Mais OUI, il y a des controller frontier quand ils voient un asiatique :), c'est un grand pas quand CH est dans l'espace schengen, car pour nous les etrangers en suisse, nous devrons demander le visa chaque fois pour aller en france. Donc Un GRAND MERCI a vous tous de penser a nous!