Forcené de Bienne

18 février 2011 09:57; Act: 22.02.2017 08:39 Print

La circulation des infos «pas optimale»

Les autorités reconnaissent un défaut de communication sur l'affaire du forcené de Bienne, Peter K., qui a tenu la police en haleine pendant plusieurs jours.

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07.01.2014 Peter Kneubühl n'accepte pas d'avoir été déclaré irresponsable. Il a fait recours au Tribunal fédéral. 11.01 Le procureur estime que Peter Kneubühl qui avait défié la police en 2010 doit être déclaré irresponsable et préconise un traitement thérapeutique dans un établissement fermé. 07.01.2013 Peter K. comparaît devant le tribunal de Bienne lundi, plus de deux ans après les faits Peter K. a fait une entrée remarquée dans la salle d'audience La police cantonale bernoise a diffusé le lundi 13 septembre 2010 deux nouvelles photos du forcené, sur son site internet. Cette image date de 2000. Hanspeter Uster a demandé que le dépôt de son rapport sur les événements entourant la cavale de Peter K. soit reporté. La maison du forcené de Bienne avait pu être visitée lundi 29 novembre en vue de sa vente aux enchères jeudi 9 décembre, à l'Hôtel Elite de Bienne. Les acheteurs de la maison de Peter K., vendue à 416'000 francs. Il s'agit d'un couple qui habite à Port (BE), à 3,5 km de la maison de Peter K. Dès leur sortie de la salle de vente de l'Hôtel Elite, à Bienne, le couple a été très sollicité par la dizaine de médias présents. «J'irai rendre visite à Peter K. en prison», a souligné Albert Glaus, le nouveau propriétaire. «Et, une fois, qu'il en sera sorti, il sera le bienvenu chez nous pour venir y boire un verre», a-t-il précisé aux journalistes. Il entend retaper en partie lui-même la maison et y vivre avec Romy, sa compagne. Une quinzaine d'acheteurs potentiels s'étaient inscrits pour cette visite. La valeur officielle de cette maison mitoyenne était estimée à 377'800 francs. D'importants travaux (pour plus de 200'000 francs) sont nécessaires pour la rendre habitable, comme l'a révélé une visite des lieux. La maison de trois appartements donne l'impression de n'avoir plus été occupée depuis de nombreux mois. Seules des fenêtres brisées recouvertes de plastique et de bande adhésive ainsi qu'une porte d'entrée défoncée témoignent du fait divers qui s'y est déroulé en septembre. La maison n'a rien d'un bunker ou d'une forteresse blindée pour tenir un siège policier comme d'aucuns pouvaient l'imaginer. Les murs sont recouverts d'un papier peint défraîchi avec des motifs floraux. Au sol, du tapis tendu usagé ou du parquet en bois. L'entrée du 1er étage. Aucun tunnel, passage secret ou ouvrage récent en béton n'a été observé dans la cave de Peter K. Une cave qui doit d'ailleurs ressembler aux autres avec un congélateur, un établi pour bricoler... ... une étagère à bouteilles... ... une douche... ... un chauffage... ... et une machine à laver. La plupart des meubles du sexagénaire ont été regroupés dans une pièce du rez-de-chaussée sous étroite surveillance policière lors de la journée des visites. Aux 1er et 2e étages, deux autres appartements presque identiques à celui du rez-de-chaussée avec une vieille cuisine et des sanitaires en très mauvais état. Dans une des pièces dans les étages, on pouvait observer quelques tableaux. Tous les objets ont été débarrassés par la police qui les a stockés dans des dizaines de cartons réunis dans des pièces du rez-de-chaussée. Une cloison montée pour condamner une porte a été apparemment arrachée par la police. Les combles. Au fond du jardin, un cabanon avec des outils et un fourneau. La maison de Peter K., dans le quartier des Tilleuls, photographiée le jour de son arrestation. Le 17 septembre 2010: «Faro», le chien policier. C'est lui qui a «capturé» Peter Kneubühl à 6h du matin. C'est sur les hauteurs de Bienne, dans le quartier de Ried, que Peter K. a finalement été arrêté le 17 septembre 2010. Les barrières de la police sont encore présentes. Les forces de l'ordre ont retourné le jardin du forcené. Le 15 septembre 2010: La police bernoise confirme que la première image diffusée était en fait celle du père du fugitif (gauche). Elle a ensuite tenté de vieillir cette fausse image, puis a enfin diffusé la bonne image de Peter K. (droite). C'est dans cette armoire murale que les enquêteurs ont découvert une cache. L'armoire avait un double fond. Dans cette pièce se cachaient un râtelier et un petit coffre-fort. Mardi 14 septembre 2010: La police découvre des armes, des munitions et des lettres cachées dans la maison de Peter K. «Peter K. doit devenir maire», pouvait-on lire sur la pancarte d'un homme qui a manifesté en faveur du forcené. La police a placardé des tracts rédigés par un proche du forcené, afin de pouvoir entrer en contact avec lui. Ces tracts ont également été largués par avion sur la ville. Ce cliché date de 2003. Des photographes de la police travaillent à l'intérieur de la maison, devant laquelle une camionnette de menuisiers est stationnée. La police a tout d'abord diffusé par erreur une image du père du forcené datant des années 1980 qu'elle a vieilli en lui blanchissant les cheveux. La police lance un avis de recherche avec une fausse photo et demande de l'aide. Sur ce cliché, il s'agit du père de Peter K. dans les années 1980. Une photo du père de Peter K. Le suspect lui ressemble beaucoup, affirme la police. L'homme, âgé de 67 ans, mesure environ 2m et est assez mince. Il a des cheveux blancs et une légère barbe blanche. Il porte des lunettes, une chemise claire et des pantalons foncés. Une équipe de recherche de la police près de Büren an der Aare. Le jardin est négligé. La localisation de la maison de Peter K. à Bienne. Le quartier a été quadrillé par une centaine d'agents des forces de l'ordre. Son coup de folie a été déclenché par l'annonce publique de la vente aux enchères de cette maison familiale. Le fuyard vivait de manière recluse. Sa maison décrite par un voisin comme «une ruine» était estimée à environ 380'000 francs, mais nécessitait près de 250'000 francs de travaux pour la rénover. Le chemin Mon-Désir, dans le quartier paisible des Tilleuls, à Bienne. La propriété ainsi que le voisinage ont été fouillés afin de retrouver le sexagénaire. Des dizaines de journalistes sont accourus de toute la Suisse pour couvrir cet événement. Des chiens de police ainsi qu'un hélicoptère de l'armée équipé d'une caméra infrarouge ont notamment été utilisés. Un hélicoptère de l'armée suisse a longuement survolé le quartier. Des forces d'intervention provenant de divers cantons ont été appelées en renfort. Il est apparu que le sexagénaire ne se trouvait plus dans sa demeure. Des forces d'intervention zurichoises sont venues prêter main-forte à la police bernoise. Des élèves de l'école du quartier des Tilleuls sont cantonnés quelques heures dans la salle de gym alors que leur école a été fermée. Ils pourront rentrer chez eux peu après. Les policiers ont bloqué le périmètre et sont aux abois. L'homme, d'un certain âge, s'est barricadé chez lui et s'opposerait à la vente de la maison.

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Une faute?

Dans l'affaire du forcené de Bienne, l'information entre la préfecture de Bienne et la police cantonale bernoise n'a pas toujours bien circulé lors de l'affaire Peter K. qui a secoué Bienne en septembre dernier, selon le rapport de deux juristes externes. Mais aucune violation du droit n'a été relevée.

Avant que cette affaire éclate, aucune signe ne laissait présager des risques pour des tiers justifiant des mesures policières ou pénales, ont estimé vendredi devant la presse Ueli Friedrich, avocat au barreau de Berne, et Martin Buchli, greffier au Tribunal administratif fédéral. Les juristes étaient chargés d'évaluer la communication entre les autorités, mais pas l'opération policière en tant que telle.

L'échange d'informations entre les services administratifs et judiciaires avait été mis en cause durant la cavale de huit jours du retraité biennois qui avait tiré sur un policier avant de prendre la fuite.

Connu des autorités

Peter Hans K. était connu des autorités depuis plusieurs années. Il était clair que l'homme avait besoin d'une assistance personnelle, ont jugé les experts.

Mais le retraité ne l'a pas reçue en raison de son refus généralisé de coopérer avec les autorités. Les juriste ont dressé le portrait d'un homme qui se sentait de plus en plus menacé par un appareil étatique censé planifier sa destruction.

Des autorités qui ont collaboré de manière satisfaisante jusqu'au début du mois de juin 2010. Puis la situation s'est dégradée lorsque Peter Hans K. a été informé que sa maison serait vendue aux enchères le 8 septembre 2010.

Le retraité a alors écrit au canton de Berne que le juge avait décidé «de le faire taire à tout jamais» et «de prendre par la force sa maison, toutes ses possessions et même sa vie avec l'aide de la police».

Police mal informée

Or avant son intervention, la police cantonale ne disposait que de peu d'informations concernant le forcené. Elle n'était par exemple pas au courant en détail du contenu des nombreuses lettres qu'il a adressées aux autorités.

Le préfet a appelé la police pour l'informer de ces documents et lui en transmettre les points importants, a-t-il dit aux experts. La police a toutefois une autre interprétation de ce coup de fil. Les juristes n'ont pas pu reconstituer exactement les informations qui ont été échangées durant ces cinq minutes.

Il n'existait toutefois aucune obligation juridique de transmettre ces lettres. Le droit n'a donc pas été violé. Le juristes concluent que l'information n'a pas circulé de manière optimale, mais qu'il n'existe «aucune nécessité concrète de légiférer».

Pour les experts, tout comme le ministre bernois de la justice, Christoph Neuhaus (UDC), il ne découle de ces événements aucune nécessité concrète d'agir. Les conclusions des juristes vont circuler dans un manuel à l'intention des autorités.

«Bonne note» à la ville de Bienne

La ville de Bienne s'est réjouie de la «bonne note» que lui attribue le rapport. Les experts attestent «que les services responsables ont fourni tous les efforts acceptables et proportionnels pour déterminer le lieu de domicile ou de résidence de Peter Hans K.», écrit le Conseil municipal.

L'homme a toujours contesté avoir son domicile à Bienne, selon le Conseil municipal. Les services de la ville seelandaise avaient entrepris plusieurs démarches pour le rencontrer, sans succès.

La Direction de la justice, des affaires communales et des affaires ecclésiastiques du canton de Berne avait demandé en octobre 2010 aux deux experts d'enquêter sur la circulation de l'information. Une deuxième enquête est en cours sur l'intervention de la police dans cette affaire.transmises.

Comme il n'existe aucune obligation juridique de transmettre ces documents, le droit n'a pas été violé, ont jugé les experts. Ils en concluent que l'information n'a pas circulé de manière optimale, mais qu'il n'existe toutefois «aucune nécessité concrète de légiférer».

(ats)