Grisons et Tessin

20 novembre 2016 10:31; Act: 20.11.2016 10:46 Print

La création d'un 2e parc national sera-t-elle votée?

Le 2e parc national, le Parc Adula, est en votation dans plusieurs communes le 27 novembre.

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Zone principale de l'éventuel futur parc Adula, à Sumvitg (GR). (Photo: Keystone)

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Le Parc Adula devrait s'étendre sur un territoire de 1250 km2, de Disentis (GR) à Buseno (TI). Quatorze communes grisonnes et trois tessinoises sont concernées. Environ 16'000 personnes habitent dans ces villages. Les contraintes y seront nettement moins importantes que pour le Parc national, en Engadine.

Le projet prévoit une zone de stricte protection de 142 km2 englobant la région du Greina et du Piz Adula. Tout autour de ce périmètre, 1108 km2 devraient être gérés selon des critères de développement durable. Les contraintes pour les activités humaines sont donc nettement moins strictes que pour le Parc national en Engadine, qui est une réserve protégée.

Phase de test de 10 ans

Pour que le Parc Adula puisse être lancé pour une phase de test de 10 ans, les 9 communes de la zone de stricte protection doivent approuver le projet. Ou alors, il faudrait que 13 des 17 communes concernées disent oui, pour autant que la zone de stricte protection ne soit pas trop petite ou morcelée.

Un pronostic sur les votations s'avère difficile à faire. Les observateurs s'attendent à un vote serré pour «le premier parc national au monde créé sur une base démocratique», comme l'affirment les promoteurs.

Les exécutifs de cinq des neuf communes de la zone de stricte protection recommandent de voter oui. Un seul est opposé au projet, selon les informations récoltées par l'ats.

Scepticisme

Ces recommandations ne reflètent pas nécessairement l'avis des populations concernées. Dans plus de la moitié des communes de la zone de stricte protection, les représentants des autorités estiment que les citoyens sont plutôt opposés au projet. Les personnes qui ont participé aux soirées d'information se sont montrées généralement sceptiques quant à la nécessité de créer le Parc Adula.

Un rejet de Blenio (TI) serait particulièrement dommageable pour le projet. En effet, 54 km2 de la zone de stricte protection se trouvent sur le territoire de cette commune de 1800 habitants. La zone strictement protégée n'atteindrait ainsi pas la surface minimale de 100 km2 exigée par la Confédération. La Lega, parti dominant à Blenio, s'oppose à la création du parc.

Un non des communes de Vrin (GR) et Vals (GR) serait aussi un problème. Le Greina se trouve sur le territoire de Vrin, et sans Vals, la zone de stricte protection serait coupée en deux.

Chasseurs et alpinistes

Les chasseurs, les alpinistes et les exploitants d'alpages sont influents dans la région et jouent un rôle important dans la campagne de votations. Ils estiment que le Parc Adula limiterait leurs activités et sont plutôt opposés au projet.

Les protecteurs de la nature sont à peine audibles. Parmi ceux qui s'expriment, beaucoup estiment que les contraintes pour les activités humaines ne vont pas assez loin ou, au contraire, que la nature est déjà suffisamment protégée aujourd'hui dans le périmètre du parc. Seul Pro Natura, qui est à l'origine du projet, s'engage clairement en faveur de la création du Parc Adula.

(nxp/ats)