Cybercriminalité

23 juin 2011 11:22; Act: 23.06.2011 11:32 Print

La criminalité sur Internet prend de l'ampleur

Internet reste un défi majeur pour les autorités de police suisses avec des criminels de plus en plus rapides et de plus en plus difficiles à appréhender.

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Selon le rapport annuel de l'Office fédéral de la police (fedpol) diffusé jeudi, la grande criminalité internationale et les organisations mafieuses sont toujours très actives en Suisse, pays qu'elles utilisent parfois comme plaque tournante ou de transit.

La criminalité sur Internet occupe une bonne place aux côtés de la traite d'être humains et du trafic de migrants dans le rapport annuel de fedpol. La «toile» est en effet de plus en plus souvent utilisée «pour planifier et préparer des infractions qui, généralement, ne tiennent pas compte des frontières». «Souvent, des réseaux et organisations criminels collaborent au-delà des frontières nationales avec des pirates informatiques et des auteurs de virus et mettent à disposition sur Internet des logiciels malveillants et une infrastructure permettant de commettre des infractions».

«La plupart des informations diffusées sur Internet sont cryptées, constituant ainsi un obstacle pour la police dans sa recherche des auteurs d'infractions et dans sa lutte contre les structures organisées», ont relevé les experts fédéraux. Le réseau est toujours plus souvent utilisé à des fins de propagande et d'incitation à la violence avec un «potentiel de danger et de dommages élevé».

Dans ce contexte, la Suisse fait parfois office de plaque tournante ou pays de transit pour des organisations mafieuses. Selon les renseignements obtenus par fedpol, elles «demeurent très actives en Suisse et dans les zones frontalières des pays limitrophes». La mafia calabraise, la Ndrangheta notamment, se fait plus présente en Suisse. C'est également le cas dans les régions limitrophes de la Suisse que sont le Piémont, la Lombardie et le Bade-Wurtemberg. Suite à la pression croissante exercée par les autorités italiennes sur la 'Ndrangheta et d'autres organisations mafieuses, ces dernières déplacent de plus en plus leurs activités criminelles telles que le blanchiment d'argent vers la Suisse.

«Afin de renforcer leur présence en Suisse, les organisations mafieuses italiennes recherchent de manière ciblée à s'associer à des spécialistes des secteurs financiers et bancaires pour leurs activités économiques illégales», soulignent les experts. «Les infractions sont commises dans la plus grande discrétion et sont par conséquent bien moins perceptibles par le grand public que d'autres formes de criminalité organisée comme le trafic de stupéfiants dans la rue ou les grandes séries de cambriolages».

Parallèlement, «la traite des êtres humains en provenance d'Europe de l'Est a continué son expansion durant l'année sous revue», ont souligné les experts. Dans ce contexte, la protection des victimes et des témoins joue un rôle décisif. Le Conseil fédéral a lancé à fin 2010 un projet de loi visant à créer un service de protection des témoins. Il a déjà été approuvé par le Conseil des Etats mais doit encore passer devant le Conseil national.

(ap)