Triple meurtre de Granges (SO)

07 mai 2012 17:36; Act: 07.05.2012 17:42 Print

La défense s'oppose à la perpétuité

Les avocats de deux des trois meurtriers présumés de Granges (SO) ont vertement critiqué les expertises psychiatriques lundi lors de leurs plaidoiries. L'un s'est opposé à la perpétuité requise par le procureur pour le trio. L'autre n'a pas fait de demande concrète.

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27.01 Les trois accusés du triple meurtre de Granges (SO) ont vu leur peine de prison à perpétuité confirmée en appel. Le tribunal d'arrondissement de Soleure a rendu son jugement lundi. 13.01 Le procès en appel du triple meurtre de Granges (SO), perpétré en juin 2009, débute lundi devant le Tribunal cantonal de Soleure. Les trois prévenus, qui avaient écopé de peines de prison à vie, ont fait appel. Les audiences sont prévues sur cinq jours. Le jugement sera rendu le 27 janvier. 30.04 Les accusés: accompagné d'un policier, Patric S., un ancien sportif professionnel, arrive au tribunal... ... Tout comme Guido S., un homme de 27 ans sans formation. La troisième prévenue, Ruth S., une Suissesse de 51 ans, arrive avec son avocat. Trois personnes avaient été découvertes sans vie le samedi 06.06.09 dans une habitation du centre de Granges (SO). Une des victimes a été abattue. Les deux autres, découvertes avec un sac en plastique sur la tête, ont été étranglées. L'un des corps a été trouvé au rez- de-chaussée de l'immeuble. La mère avait de nombreuses activités et un vaste cercle de contacts. Elle était notamment engagée dans des cercles de dons, dans une organisation appelée «dr Club» («le club») et dans la vente de produits Bios Life. Trois des suspects sont Suisses: une femme de 48 ans ainsi que deux hommes de 32 et 24 ans. Ils habitent le canton d'Argovie. Le quatrième est un Allemand de 36 ans, domicilié dans le canton de Lucerne. Lors des perquisitions menées aux domiciles des suspects, la police a découvert l'arme du crime, d'un calibre de 9 millimètres. Plusieurs autres armes à feu du même ou d'un autre calibre ont été trouvées. Patric Suter au temps des compétitions sportives. Selon le «Blick», des voisins s'étonnaient que l'un des complices puisse louer une maison à 2500 francs par mois avec un salaire d'agent de sécurité. Les portes de son domicile sont aujourd'hui sous scellés.

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Le plus jeune des trois accusés du triple meurtre devrait écoper d'une peine plus légère que ses complices, a estimé lundi son avocat devant le Tribunal de district de Soleure où se tient le procès depuis lundi dernier. Il a demandé 12 à 16 ans de prison.

Le Suisse de 27 ans est un «suiviste obéissant et un receveur d'instructions», a décrit Bruno Steiner. Le défenseur a une nouvelle fois vertement critiqué l'expertise psychiatrique livrée sur son client, qu'il avait qualifiée de «partiale» la semaine dernière.

Expertises lacunaires

Le rapport manque de soin et de profondeur psychologique, selon lui. Il a également souligné que l'expertise ne tient pas compte de la consommation d'alcool du jeune homme, ni de son manque de sommeil.

L'avocat de l'autre meurtrier présumé -qui était un ancien sportif d'élite de 35 ans- a lui aussi déploré que l'expertise ne mentionne pas les conséquences de la consommation d'anabolisants sur l'agressivité de son client.

Pas de demande de peine concrète

Pour cette raison, le défenseur n'a pas formulé de demande de peine concrète. Son client ne devrait toutefois pas écoper d'une peine plus élevée que son co-accusé de 27 ans, a-t-il estimé. Il a souligné qu'aucun des points d'accusation du procureur n'était contesté.

Le 5 juin 2009, les deux hommes ont cambriolé un appartement à Granges et tué ses trois occupants, une Suissesse de 55 ans, son époux de 60 ans et leur fille de 35 ans. Le père a été abattu. Son épouse et sa fille ont été étouffées.

Le jeune homme a avoué avoir étouffé la fille. Son complice a lui reconnu avoir tué le couple. Ils ont affirmé que la troisième accusée, une femme de 51 ans, avait fait pression sur eux car ils lui devaient de l'argent.

Verdict peut-être repoussé

D'après l'acte d'accusation, les deux accusés devaient 20'000 francs à la prévenue. La femme a réclamé son argent au printemps 2009 et leur a suggéré de cambrioler la famille qui faisait partie d'un cercle de dons. Les deux hommes n'ont finalement trouvé que 5000 francs, 600 euros, quatre montres et des bijoux bon marché.

Le jugement était d'abord attendu pour le 11 mai. Il pourrait cependant être repoussé au 25 mai.

(ats)