Prisons

16 février 2011 08:49; Act: 16.02.2011 11:48 Print

La liberté religieuse est respectée

La liberté religieuse est en général respectée dans les prisons suisses.

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La liberté religieuse est en général respectée derrière les barreaux. (Photo: Keystone)

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La liberté religieuse est en général respectée dans les prisons suisses. C'est ce que montre une étude du Fonds national de la recherche scientifique publiée mercredi. Majoritaires, les aumôniers chrétiens devraient toutefois être mieux formés au pluralisme religieux. Des stéréotypes sur un islam violent ont été constatés dans l'univers carcéral.

L'étude intitulée «Enjeux sociologiques de la pluralité religieuse dans les prisons suisses» est basée sur une enquête menée dans 15 prisons du pays. L'équipe de chercheurs dirigée par l'ethnologue Irene Becci, de la Haute école de travail social et de la santé à Lausanne, a en outre analysé les législations cantonales.

La liberté de religion est un droit humain qui n'est en principe pas enfreint dans les prisons suisses. L'aumônerie chrétienne traditionnelle est le modèle dominant. Les aumôniers des prisons assument un nombre croissant de tâches, souvent à la limite de la surcharge. Ils acceptent les détenus indépendamment de leur foi, les accompagnent au plan spirituel, célèbrent avec eux des fêtes et des cérémonies religieuses, tout en étant à l'écoute de leurs problèmes privés et quotidiens. Nombre de prisonniers les rencontrent non à cause de leurs compétences religieuses mais pour quitter leur cellule et échapper aux violences et aux tensions du monde carcéral.

«Un certain intérêt et une certaine tolérance pour la religion dans la diversité de ses expressions» a été constatée dans les différents services pénitentiaires. Les prisons sont en effet de plus en plus confrontés à de nouvelles religions, musulmanes ou bouddhistes par exemple. Les auteurs de l'étude recommandent donc que les aumôniers soient formés pour faire face au pluralisme religieux, ethnique et linguistique.


Défis liés à l'islam

En 2009, plus de 56% des détenus de Champ-Dollon étaient musulmans. Ils étaient plus de 33% aux Etablissements de la plaine de l'Orbe. Les grandes prisons font des concessions pour répondre à leurs besoins, mais c'est aux fidèles de prendre l'initiative. Les directions des prisons autorisent certaines exceptions pour le ramadan. De temps à autre, un imam passe pour la prière du vendredi. L'interdiction de consommer de la viande de porc entraîne parfois des tensions. Dans certains établissements, les détenus ont la possibilité de manger de la viande halal, mais doivent la payer de leur poche. C'est parfois la serviette de bain qui tient lieu de tapis de prière, car ces derniers sont interdits.

Les chercheurs n'ont pas constaté de tendances préoccupantes quant à des radicalisations religieuses. Par contre, des «hypothèses stéréotypées» sur l'islam circulent souvent parmi le personnel et les détenus non-musulmans: il serait violent et prescrirait l'oppression de la femme par l'homme. L'information du personnel concernant différents aspects de l'islam, mais aussi les cultures africaines et arabes, devrait être améliorée. Cela peut passer par l'implication d'un imam dans des journées de formation.

(ap)