Garde suisse mort

03 novembre 2011 08:21; Act: 03.11.2011 11:34 Print

La mère de Cédric Tornay écrit au pape

L'affaire du jeune garde suisse valaisan, décédé en 1998 dans des circonstances troubles, rebondit. La mère de la victime demande à Benoît XVI de lui transmettre toutes les pièces du dossier.

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Muguette Baudat et son fils décédé Cédric Tornay. (Photo: Keystone)

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La mère du jeune garde suisse Cédric Tornay, qui avait été trouvé mort en 1998 avec le commandant Aloïs Estermann et son épouse au Vatican, a écrit au pape Benoît XVI. Elle souhaite que le souverain pontife lui communique les pièces du dossier, a rapporté mercredi soir la Télévision suisse romande.

Dans un entretien au 19:30, avant la diffusion d'un documentaire sur cette affaire, l'avocat de la mère de Cédric Tornay, Me Luc Brossollet, a déclaré que le dossier a été «classé à la va-vite, au terme d'une enquête bâclée».

L'avocat de Muguette Baudat, la mère de Cédric Tornay, dénonce une nouvelle fois des manquements dans l'instruction diligentée par des «experts» du Saint-Siège «qui n'en sont pas», selon lui.

Me Brossolet avait déjà demandé sans succès les pièces du dossier à Jean Paul II (1978-2005) en avril 2002.

«Une version fausse»

L'avocat français déclare que l'autopsie du jeune homme menée à Lausanne montre qu'il avait la tête en arrière quand il est mort, alors que le rapport du Vatican indique qu'il a été trouvé la tête penchée vers l'avant. Selon l'avocat, «la thèse officielle, la reconstitution de la scène de la mort de Cédric, est fausse, définitivement fausse».

Le 4 mai 1998, un peu après 21h, alors qu'il venait d'être nommé commandant de la Garde suisse quelques heures plus tôt, Aloïs Estermann, 43 ans, était trouvé mort, tué par balles, dans son appartement de fonction, dans la caserne de la garde. A ses côtés gisaient le corps de son épouse, Gladys Mezza Romero, d'origine vénézuélienne, ainsi que celui du vice-caporal Cédric Tornay, âgé de 23 ans.

Le lendemain matin, sans attendre les résultats complets des autopsies en cours, le Saint-Siège indiquait officiellement que Cédric Tornay avait tué le commandant et son épouse «dans un accès de folie».

Joaquin Navarro-Valls, alors directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, affirmait que le jeune garde «ne s'estimait pas suffisamment reconnu» et «avait fait part à ses camarades de son amertume de ne pas figurer dans la liste des gardes suisses qui devaient être décorés le 6 mai», à l'occasion de la traditionnelle prestation de serment des gardes.


(ats/afp)