Homicide à Zurich

04 juillet 2016 20:11; Act: 05.07.2016 07:54 Print

La ministre défend les règles pénitentiaires

Jacqueline Fehr a répondu lundi aux critiques sur l'évasion d'un détenu qui n'est pas retourné à la prison à la fin d'une autorisation de sortie.

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Jacqueline Fehr a donné une conférence de presse après la révélation des premiers éléments de l'enquête. (Photo: Keystone)

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Un détenu qui n'est jamais revenu après son autorisation de sortie est soupçonné d'être impliqué dans l'homicide de Seefeld, à Zurich. La ministre zurichoise de la justice a réaffirmé la nécessité de telles permissions.

On ne devrait pas renoncer à assouplir les sanctions lors de l'exécution des peines: «Nous devons conserver de tels assouplissements dans le cas de personnes qui ne purgent pas de prison à perpétuité», a indiqué Jacqueline Fehr devant la presse.

«Et ce, même si nous savons qu'ils représentent un risque: ce risque est nettement moins élevé que si on relâchait sans préparation» un prisonnier à la fin de sa peine. Une des tâches les plus importantes du Service de l'application des peines est de préparer les détenus à la réinsertion, a ajouté la conseillère d'Etat socialiste.

Pas de suspension des permissions

Il n'est donc pas question de suspendre les permissions. Il s'agit d'un cas absolument isolé, a insisté Mme Fehr. «Il n'y a pas d'indices d'erreurs systématiques». Mais le cas va être soigneusement analysé.

Le détenu qui ne s'est pas présenté remplissait toutes les conditions pour bénéficier d'une permission non accompagnée, a indiqué Thomas Manhart, responsable du Service de l'application des peines. Et le prisonnier s'était bien comporté lors de sorties accompagnées. «Mais nous devons admettre rétroactivement que nous avons mal estimé la situation», a déclaré M. Manhart.

Et de préciser que sur les permissions accordées, 98,5% «se déroulent de manière absolument correcte». Sur le 1,5% restant, il s'agit de cas où des prisonniers rentrent avec quelques minutes ou quelques heures de retard. «Il n'y a eu aucun cas de non-retour ces dernières années», a souligné Thomas Manhart.

En prison depuis 2014

Le détenu de 23 ans n'est pas retourné comme convenu à la prison de Pöschwies. Il purgeait depuis février 2014 une peine de cinq ans et demi de prison pour atteinte à la liberté individuelle, tentative de vol, tentative de contrainte et d'autres délits.

Après son évasion, la police le soupçonne d'avoir participé à un homicide ayant eu lieu le 30 juin dans le quartier de Seefeld, en ville de Zurich.

Un homme de 42 ans avait été trouvé dans la rue, grièvement blessé par des coups de couteau. Les secours, alertés par une passante, n'ont pas réussi à le sauver, malgré des tentatives de réanimation sur place.

Critiques au Grand Conseil

L'enquête de police sur l'homicide de Seefeld a conduit à l'avis de recherche du détenu en fuite. «Auparavant, nous n'avions aucun motif de croire à la dangerosité de cet homme», a déclaré M. Manhart.

La section zurichoise de l'UDC a critiqué lundi devant le Grand Conseil zurichois la Direction de la justice, notamment le fait que la conseillère d'Etat en charge n'avait pas communiqué immédiatement le fait qu'un prisonnier n'était pas rentré de sa permission.

Dans le cadre de cet homicide, la police a arrêté un suspect. Agé de 25 ans, il est en détention préventive depuis jeudi. Le Ministère public n'a pas indiqué les liens qui le relient au fugitif, ni de plus amples détails sur l'homicide.

(nxp/ats)